Les dessous de la Saint-Valentin

Un des mannequins de la boutique Lyla, rue Laurier à Montréal. Ces sculptures fragiles et éphémères que représentent au premier abord les vêtements de dessous cachent toujours une architecture délicate, complexe et recherchée
Photo: Pascal Ratthé Un des mannequins de la boutique Lyla, rue Laurier à Montréal. Ces sculptures fragiles et éphémères que représentent au premier abord les vêtements de dessous cachent toujours une architecture délicate, complexe et recherchée

À l'heure de la grande séduction, la lingerie sexy et raffinée, autant féminine que masculine, se dévoile un peu, beaucoup, passionnément. Si, dans les années 90, les designers américains ont apporté un point de vue réactualisé sur les sous-vêtements en proposant un esprit minimaliste et androgyne qui correspondait parfaitement aux besoins de l'époque, il faut reconnaître que ce style a atteint ses limites et qu'il peine à se renouveler. Force est d'admettre, donc, qu'au rayon de la lingerie, Paris sera toujours Paris... parce que c'est magnifique!

Avec la haute couture, la lingerie reste l'apanage intouchable des petites mains parisiennes. L'expertise basée sur des années de recherche et d'expérimentation ainsi que les techniques ancestrales léguées de génération en génération ont fait en sorte que la Ville lumière rayonne en capitale incontestable de la mode intime. Les créateurs y apposant leurs griffes empreintes de glamour et de romance contribuent également, par leur originalité, à consolider cette emprise sur le monde des dessous chic. Les Chinois, aussi efficaces soient-ils, n'ont qu'à aller se rhabiller et à surfer tant bien que mal sur la vague.

Les grandes marques italiennes issues de la tradition viennent également renforcer le positionnement de l'Europe comme chef de file des tendances d'hier à aujourd'hui. Qu'il suffise de mentionner La Perla, Missoni, Prada, Armani ou Dolce&Gabbana pour constater qu'histoire et innovation riment ici à l'unisson.

Il suffit d'admirer un sous-vêtement griffé pour se rendre compte qu'il s'agit là d'une oeuvre d'art séculaire où l'improvisation n'a pas sa place. Plusieurs designers au talent pourtant reconnu s'y sont frottés avec un succès bien relatif. Ceux qui ont réussi ont tous en commun d'avoir eu le flair de s'associer à des fabricants spécialisés qui comptaient derrière eux des années d'expérience dans ce domaine si particulier.

S'attaquer au corps humain pour le glorifier et le sublimer reste un exercice de style qui demande du doigté, un professionnalisme certain et un savoir-faire tout en finesse, à mille lieues des images clichés, provocantes ou vulgaires trop souvent suggérées par les publicitaires. Ces sculptures fragiles et éphémères que représentent au premier abord les vêtements de dessous cachent toujours une architecture délicate, complexe et recherchée qui les rend d'autant plus précieux et envoûtants. Si l'amour vous va si bien, c'est que vous vous sentez plus belle ou plus beau dans vos habits de charme.

La belle histoire de la lingerie

Au Québec, le lieu phare pour découvrir ce que le monde de la lingerie a de plus irrésistible à offrir est la boutique Lyla de Montréal. Dans cet antre de luxe et de volupté officient deux soeurs à la passion contagieuse et au goût sans faille, Esther et Sophie Paquette. La belle histoire de la lingerie prend ici toute sa dimension, alliant tradition et modernité dans toute sa splendeur diaphane. Ce lieu d'exception est un hymne à la beauté des femmes. La boutique, qui célébrera l'année prochaine son 25e anniversaire, a toujours eu pour mission d'embellir les femmes et de leur proposer ce qu'il y a de plus unique dans l'univers de l'intime chic.

À peine rentrée de Paris, où a lieu deux fois l'an le Salon international de la lingerie, la manifestation incontournable à l'échelle planétaire du petit milieu, Esther partage ici ses coups de coeur et dresse un bilan des tendances marquantes de la dernière présentation.

Cette année...

- Les couleurs s'embrument de clairs-obscurs déclinant les camaïeux de gris, de l'argent à l'anthracite. Le gris sur la peau, c'est une valeur sûre.

- Les jeux de transparences subtiles caressent la résille de dentelle ou de tulle, autant pour les hauts que pour les bas. On aime jouer la suggestion.

- Les cotons écolos, poids plume en mélange viscose, brodés ou épurés, imposent leur confort tout en douceur, en sensualité et en souplesse.

- Les soutiens-gorge triangles prennent le dessus en s'affichant comme bustiers en résille fine ou brodée à bord volanté, dépouillés ou rétros, qui redéfinissent la silhouette pour une séduction à l'italienne, façon Carla Bruni ou Monica Belucci.

Si les strings sont moins présents, c'est que les dernières collections projettent à l'avant-scène les culottes plus couvrantes et gainantes ou les shorty, comme on les appelle en France. Les tailles remontent et on ose même redéfinir la culotte corset qui galbe les formes tel un serre-taille, ajoutant ainsi une note vintage.

C'est le triomphe d'une sensualité toute naturelle et fraîche, inspirée des contes de fées où le confort et la finesse ne s'encombrent plus d'armatures et de coussinets. On aime la dentelle extensible ainsi que les voiles de soie et de coton.

Si on quitte le boudoir des femmes pour se retrouver dans le vestiaire des hommes, l'atmosphère, si elle est moins créative, n'en est pas moins fascinante par son évolution subtile. Les griffes masculines affichent toujours un certain classicisme des formes et des modèles, du slip bandeau au mini-boxer, mais innovent du côté des matières ultra-performantes à la fine pointe des nouvelles technologies. Le micro modal, la popeline de coton haute qualité, l'éponge bouclette ultrafine ainsi que les fibres de bambou et de soja naturelles et écologiques, aux qualités antibactériennes indéniables, répondent à la tendance environnementale de l'heure.

Pour flirter avec la Saint-Valentin, pourquoi ne pas miser sur le bon goût, l'élégance et le style?

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Lyla

400, avenue Laurier Ouest

Montréal

www.lyla.ca

Collaborateur du Devoir