Scandale des commandites - Gomery et Chrétien s'affronteront à nouveau

Le juge John Gomery retourne en cour cette semaine pour défendre son rapport, dans lequel il blâmait partiellement l'ancien premier ministre Jean Chrétien dans le scandale des commandites.

John Gomery, qui est aujourd'hui à la retraite et s'occupe de sa ferme au sud-ouest du Québec, tentera de parer aux efforts de M. Chrétien pour faire réviser les conclusions de la commission d'enquête. L'ex-premier ministre allègue que le juge a eu tort de lui attribuer une part de responsabilité et que les preuves sont insuffisantes pour soutenir les conclusions de l'enquête à son sujet.

Le résumé de la défense déposé par M. Gomery en Cour fédérale, le mois dernier, mentionne que le commissaire disposait de preuves «plus que suffisantes» à l'appui de son constat que M. Chrétien avait des comptes à rendre au sujet des fonds de commandite.

M. Chrétien, de même que son ex-chef de cabinet Jean Pelletier et l'ex-ministre des Travaux publics déchu Alfonso Gagliano, ont fait une demande de révision judiciaire du rapport Gomery peu après la publication de son premier volume, en novembre 2005. L'audition des témoins débute mercredi en Cour fédérale à Montréal.

M. Chrétien en a particulièrement contre la conclusion selon laquelle il était politiquement, sinon personnellement, responsable des millions de dollars empochés par des agences de publicité proches des libéraux. Il accuse M. Gomery de «confondre sa préoccupation pour l'unité nationale avec le programme des commandites».

En guise de réponse, M. Gomery rappelle plusieurs de ses constatations les plus accablantes, y compris que M. Chrétien a été à plusieurs reprises averti par la greffière du Conseil privé des lacunes du contrôle des fonds des commandites.

«Mme [Jocelyne] Bourgon n'a cessé de souligner l'absence de règles pour le programme et a donné plusieurs avertissements, mais ces avertissements sont restés sans réponse», peut-on lire dans son exposé des faits et du droit.

La commission d'enquête a finalement découvert que certains des millions de dollars manquants sont retournés dans les coffres du Parti libéral fédéral sous forme de dons occultes.

Cinq personnes ont été accusées au criminel en lien avec le financement des commandites, tandis que le gouvernement fédéral espère toujours récupérer 50 millions manquants.

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