Le Soleil et la SRC associés malgré eux à l'hôtellerie illégale

Québec — Associés dans un concours dans le cadre du 400e anniversaire de Québec, le quotidien Le Soleil et la Société Radio-Canada ont dû se raviser après avoir découvert que le condo où ils comptaient envoyer leurs gagnants s'inscrivait dans le phénomène de l'hôtellerie illégale.

«C'est le cas de le dire, ils sont tous deux pris en flagrant dans le lit!», ironisait hier Louis Germain, sur le site web du Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ). Baptisé «La grande tournée du 400e», le concours met en jeu un forfait d'une semaine pour cinq personnes incluant un séjour dans un condo du Vieux-Québec, des repas gastronomiques et un accès à toutes les activités des fêtes de 2008.

Visiblement mal à l'aise, les deux médias ont expliqué hier que le concours serait maintenu mais qu'on offrirait un autre lieu d'hébergement. «On a changé de direction dès qu'on l'a su», a expliqué Claudine Dorval de la SRC. «C'est dommage que ce soit arrivé.»

Mme Dorval ignorait toutefois si la SRC ferait affaire avec la même entreprise, Immeubles Charlevoix, pour sélectionner un nouveau condo de luxe. Hier, la directrice de cette agence ne nous a pas rappelés hier pour commenter. Du côté du Soleil, la porte-parole Catherine Ekker suggérait qu'un bon vieil hôtel pourrait être une alternative intéressante.

L'hôtellerie illégale s'est répandue comme une épidémie dans le Vieux-Québec ces dernières années. Étant donné la popularité du quartier, un nombre grandissant de particuliers louent des chambres, des appartements ou des condominiums à des touristes dans des zones résidentielles. «Le nombre de logements offerts à des résidants permanents diminue. Les résidants qui vivent autour de l' "infection" voient leur environnement se dégrader, se dépersonnaliser et ont tendance à foutre le camp. Le Vieux-Québec se «waltdisneyise», dénonce le CCVQ.

Le phénomène est d'autant plus pernicieux que les illégaux sont très difficiles à reconnaître. Dans le cas du concours, les différents acteurs ont dû passer par le Service de l'aménagement du territoire de la ville pour vérifier a posteriori qu'il s'agissait bel et bien d'un de ces condos. «Ils se sont fait prendre comme des milliers de touristes», remarque le CCVQ. «Ils voulaient louer un condo pour une semaine. Ils ont jeté un coup d'oeil sur Internet. Ils ont trouvé. Ils ont téléphoné. On leur a loué.» Le comité compte sur cet incident pour relancer le débat politique sur cette question et forcer la ville à agir. Joint au téléphone, l'attaché de presse du maire Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin a répondu que l'arrondissement du Vieux-Québec en était à «accumuler les preuves» pour pincer les fautifs.
1 commentaire
  • Claude L'Heureux - Abonné 30 janvier 2008 17 h 47

    Empressement de convergences !

    Et vlan pour le festif du 400e chrono! Radio-Can et GESCA se sont fait prendre les fesses à l'air dans leur partouse du 400e pour en faire oublier le sérieux historique de l'événement au bon peuple. Neni pour des ouvrages historiques qui pourraient magnifier notre passé. Participez en grand nombre à notre concourt sans histoire! Que la fête continusse! Heureusement qu'il y a Labaume...

    Claude L'Heureux, Québec