Ingénieurs sans frontières tient son premier congrès à Montréal

Beaucoup de gens connaissent Médecins sans frontières, certains ont déjà entendu parler de Reporters sans frontières, mais rares sont les personnes qui savent ce qu'est Ingénieurs sans frontières Canada (ISF).

L'organisme s'apprête à tenir ses assises à Montréal du 16 au 19 janvier, pour la première fois depuis son congrès de fondation dans cette même ville en janvier 2001.

Après sept ans d'activité tant au pays qu'à l'étranger, ISF compte désormais 35 000 membres d'un océan à l'autre, 27 sections dans les universités et sept sections professionnelles, a précisé le coprésident du congrès de Montréal, David Courchesne.

«Nous sommes parmi les organismes [organisations non gouvernementales, ONG] qui ont grandi le plus rapidement», a-t-il commenté au cours d'une entrevue téléphonique à La Presse canadienne tout récemment.

Tous peuvent en être membres, pas seulement les ingénieurs. À l'origine, ISF est né de la conviction que les «ingénieurs sont bien placés» pour faire changer les choses en raison de leurs aptitudes et de leurs démarches plus systématiques, a expliqué M. Courchesne.

«Nous croyons que nous avons une façon différente de voir les choses [par rapport à d'autres organismes d'aide internationale]», a-t-il ajouté.

Objectifs

L'association apporte son assistance à des projets menés par des ONG implantées dans quatre pays africains: Malawi, Ghana, Burkina Faso et Zambie. Par exemple, M. Courchesne a aidé des groupes de femmes à prendre en charge l'entretien d'un moteur diesel qui sert à moudre le grain et à fournir de l'électricité dans une localité du Burkina Faso. Il fallait leur fournir des connaissances et des outils pratiques, en tenant compte de leur bagage.

«On n'est pas là pour réaliser des projets, mais plutôt pour appuyer des projets qui existent déjà, avec des ONG locales.»

Le congrès réunira 700 délégués, professionnels, universitaires et étudiants de partout au pays. Parmi les conférenciers invités figure notamment l'ancien premier ministre néo-démocrate et porte-parole libéral des Affaires étrangères, Bob Rae, qui abordera par exemple les enjeux des droits de la personne.

Ingénieurs sans frontières Canada vise à mieux se faire connaître du grand public, particulièrement au Québec, a expliqué le coprésident, finissant en génie civil de l'École polytechnique.

L'organisme fondé par des ingénieurs de Waterloo, en Ontario, s'efforce désormais de traduire sa documentation et d'être plus visible dans les médias, bien que son site Internet ne soit pas encore traduit en français.

Pendant le congrès, les délégués participeront d'ailleurs à une vaste activité de sensibilisation dans les rues de Montréal, qui se terminera par une courte manifestation devant les bureaux du gouvernement fédéral. Ainsi, le jeudi 17, les membres iront solliciter les signatures des citoyens pour dénoncer l'«aide liée» du Canada, une forme d'«égoïsme», a dit M. Courchesne. L'aide liée est le système qui force le pays bénéficiaire de l'aide internationale à reverser une partie du financement reçu au pays donateur, par le biais de l'achat de biens et services, de l'attribution de contrats, etc.

Car l'action au pays est aussi importante pour ISF, qui intervient par exemple pour l'amélioration du volet social des cursus en génie, mais aussi dans les écoles secondaires, pour conscientiser les élèves aux effets de la pauvreté. De même, des activités destinées au grand public incitent à de petits gestes, comme l'achat de produits équitables.

Seuls 250 à 300 membres s'engagent outre-mer. Toutefois, le congrès reste pour tous les membres une activité importante.

«De voir qu'il y a tellement de gens qui participent à de telles activités de sensibilisation permet d'avoir encore plus le goût d'agir», a conclu le coprésident.

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