Bouchard-Taylor: le compte est bon

Ils étaient près de 250 à Sherbrooke et 200 à Rimouski. Il y en avait 285 au Saguenay, 192 à Drummondville et 210 à Montréal le 29 novembre. Par contraste, à peine une centaine de citoyens ont assisté hier soir au 22e et dernier forum des citoyens de la commission Bouchard-Taylor. Il y en avait à peu près aussi peu mardi soir à ces «deux minutes du peuple».

Bref, l'exercice donne des signes d'essoufflement et il semble donc juste et bon que les travaux de l'entreprise de consultation à plus de cinq millions de dollars se terminent aujourd'hui avec la réception des derniers mémoires et témoins.

Au total, plus de 3300 personnes auront assisté à ces échanges organisés en soirée depuis septembre dans toutes les régions. En plus, pendant ses audiences, la commission a reçu 963 mémoires (dont 339 présentés) et entendu 764 témoignages. Ce qui fait un beau paquet d'idées à synthétiser d'ici quelques mois.

Celles d'hier ressemblaient à celles des derniers mois, avec les mêmes lancinantes obsessions concernant la laïcité, la tolérance, le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse, l'intégration par le travail. La soirée a tout de même eu une tendance un peu plus forte à dénoncer le foulard islamique. Une demi-douzaine de prises de parole ont attaqué le hidjab ou d'autres signes religieux.

Des témoignages ont aussi pataugé dans certaines eaux troubles. Un homme a milité en faveur d'une immigration strictement chrétienne. Un autre a carrément lancé que le Canada accommodait le Québec. Un autre encore a défendu la thèse inverse d'un vaste complot canadien pour inonder le Québec d'immigrants anglophones. Le coprésident Gérard Bouchard lui a souligné que la province francophone sélectionnait elle-même ses immigrants.

Plusieurs participants ont finalement permis de conclure l'exercice amorcé il y a quatre mois sur un sentiment d'ouverture parfois mêlé de craintes par rapport à certaines demandes jugées excessives.

La langue de travail

Plus tôt hier, le chercheur Charles Castonguay est venu affirmer devant la commission que, même au Québec, l'anglais est finalement plus payant que le français, au travail, pour les immigrants.

Selon les statistiques présentées, le revenu des hommes allophones unilingues anglais a crû beaucoup plus vite que le revenu des hommes allophones unilingues français entre 1990 et 2000 au Québec. Même constatation pour les femmes allophones. «Est-ce qu'on est en train de former, à même la population allophone, un sous-prolétariat de langue française qui va remplacer les coupeurs de bois et les porteurs d'eau qu'étaient les francophones vis-à-vis de l'ancienne population britannique?» a commenté M. Castonguay.

***

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo

1 commentaire
  • Kim Huynh - Inscrit 14 décembre 2007 09 h 58

    Politique de langue!

    Reserver une langue ne s'agit pas re'primer toutes les autres. C'est le temps pour le Quebec de realiser que l'anglais soit la langue de business et de l' e'tude superieure.