Québec veut parler morue, pas Ottawa

Gatineau — Tout en reconnaissant qu'une interdiction totale de la pêche à la morue est fort envisageable d'ici au printemps, le ministre fédéral des Pêches, Robert Thibault, refuse de discuter dès maintenant d'un programme d'aide aux communautés visées, ce qui déçoit ses homologues provinciaux.

«Il est encore trop tôt pour parler de plans de compensation», a déclaré hier le ministre Thibault, avant d'ajouter qu'Ottawa voulait d'abord évaluer sa «capacité de répondre» à un éventuel moratoire avec «les programmes existants», notamment l'assurance-emploi.

«Nous nous sommes entendus pour travailler ensemble afin d'analyser les impacts socioéconomiques d'une éventuelle fermeture», a précisé le ministre.

«Si d'autres choses [mesures d'aide] sont nécessaires, nous en discuterons plus tard.»

Malgré des années de restrictions sur la pêche à la morue, les stocks de poisson ne se refont pas, ce qui amène Ottawa à considérer sérieusement, pour l'an prochain, une interdiction totale de la pêche.

Pour le ministre québécois des Pêches, Maxime Arseneau, il est d'ores est déjà acquis qu'en cas de moratoire absolu, «des mesures de compensation particulières et nouvelles» devront être mises en place par Ottawa pour aider les communautés touchées à réorienter leur développement.

Le ministre des Pêches de Terre-Neuve-et-Labrador, Gerry Reid, a renchéri qu'il serait préférable d'aborder la question dès maintenant, afin de pouvoir intervenir rapidement le jour où la décision tombera.

«Il vaut mieux discuter de ça plus tôt que plus tard, a-t-il insisté. Nous ne voulons pas que les pêcheurs prêts à commencer la saison en mars ou avril se retrouvent sans emploi et sans indemnités», a dit M. Reid, en soulignant que les programmes actuels d'Ottawa ne suffiront pas.