L'impuissance masculine, un marché de quatre milliards de dollars

Hambourg — Alors que le Viagra s'apprête à affronter deux nouveaux concurrents, la bataille fait rage entre les trois laboratoires qui vont se partager le marché de l'impuissance masculine.

La célèbre pilule bleue des laboratoires de Pfizer devra en effet composer dès 2003 avec le Levitra du britannique GlaxoSmithKline (GSK) et de l'allemand Bayer, et avec le Cialis des américains Eli Lilly et Icos, dont la commercialisation commencera en Europe et aux États-Unis.

Bayer a ainsi présenté hier, lors d'une conférence médicale, des chiffres montrant que le Levitra pouvait multiplier par plus de cinq la capacité d'un homme à avoir un rapport sexuel.

L'américain Pfizer a contre-attaqué en brandissant les résultats d'une étude clinique démentant que le Viagra agissait plus lentement que ses nouveaux rivaux.

Le Viagra, le Levitra et le Cialis fonctionnent tous sur le même principe, en bloquant l'enzyme PDE-R qui commande l'influx sanguin dans les corps caverneux du pénis.

Le Viagra, qui dominait jusqu'ici le marché, a été un gigantesque succès commercial pour le groupe pharmaceutique américain Pfizer. Avec un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de dollars en 2001, il lui a également apporté une notoriété impressionnante, puisque le Viagra est devenu aujourd'hui le nom de médicament le plus connu au monde.

Aux yeux des analystes de Merrill Lynch, il y a largement assez de place pour trois médicaments, les deux nouveaux venus et Pfizer.

Non seulement, ce marché présente un potentiel qui pourrait atteindre d'ici à 2006 quatre milliards de dollars par an, mais les analystes soulignent aussi que, parmi les patients à qui l'on a prescrit du Viagra, plus de la moitié ne renouvellent pas leur traitement. En outre, la pilule bleue n'est pas suffisamment efficace dans près d'un quart des cas d'impuissance masculine.

GSK et Bayer ont attaqué sur ce terrain, affirmant que leur traitement présentait d'excellents résultats en termes d'efficacité et de sécurité. Pour étayer leur propos, ils ont rendu publiques pour la première fois des statistiques couvrant une longue période.

Cette étude clinique, à laquelle ont participé 1020 hommes souffrant d'érections difficiles, a été présentée devant le congrès de la Société européenne de recherche sur la sexualité et l'impuissance réuni à Hambourg.

Elle montre que les patients à qui l'on a administré le Levitra pendant une durée allant jusqu'à un an, ont 5,5 fois plus de chances de maintenir une érection suffisante pour avoir un rapport sexuel, que l'échantillon ayant reçu un placebo sur la période.

«En moyenne, les hommes traités ont pu, dans plus de huit cas sur dix, maintenir une érection suffisante», souligne Inigo Saenz de Tejada, le médecin qui a dirigé l'étude.