Dawson commémore l'anniversaire de la fusillade

Les parents et le jeune frère d’Anastasia De Sousa, tombée sous les balles de Kimveer Gill l’an dernier, ont assisté hier à une cérémonie sobre soulignant le premier anniversaire de la fusillade. Derrière la famille, trois des policiers qui so
Photo: Jacques Nadeau Les parents et le jeune frère d’Anastasia De Sousa, tombée sous les balles de Kimveer Gill l’an dernier, ont assisté hier à une cérémonie sobre soulignant le premier anniversaire de la fusillade. Derrière la famille, trois des policiers qui so

À 12h41 hier, le collège Dawson a été plongé dans un silence lourd: c'est l'heure précise où Kimveer Gill avait tiré l'an dernier son premier coup de feu. Un an plus tard, on s'est souvenu de l'événement avec émotion, mais aussi beaucoup de sobriété.

L'atrium du collège était archi-plein pour la courte cérémonie organisée par la direction. Une chanson a cappella interprétée par l'étudiante Meaghan Blake (Angel, de Sarah MacLachlan), deux brefs discours, une minute de silence, quelques applaudissements: le premier anniversaire du geste meurtrier de Gill, qui a coûté la vie à Anastasia De Sousa et perturbé celle de dizaines d'autres étudiants, a été célébré dans un calme éloquent, hier.

Palpable chez plusieurs, qui avaient les yeux embués, l'émotion se partageait collectivement, avec retenue. Et le deuil, chez plusieurs, se portait en noir et rose. C'était la couleur préférée de la victime de la fusillade. Quelques fleurs de la même couleur ornaient les marches de l'entrée choisie par le tueur, celle où, hier, des centaines d'étudiants sont sortis en se tenant par la main ou les épaules.

Une deuxième cérémonie plus protocolaire a ensuite été tenue dans le jardin avant de l'établissement. Un coin de verdure qui, dorénavant, sera lié au destin tragique d'Anastasia De Sousa. Le directeur de l'établissement, Richard Fillion, a dévoilé — en compagnie notamment du maire Gérald Tremblay et du premier ministre Jean Charest — la maquette d'un «Jardin de la paix» qui sera aménagé sous peu à cet endroit.

Fleurs roses

Un arbre a été planté en l'honneur de la jeune fille, offert par le Service de police de la Ville de Montréal. Un amandier japonais, qui donne des fleurs roses. Le maire Tremblay a dit souhaiter que cet espace de la paix et son arbre symbolique permettent à tous «de retrouver des valeurs profondes d'amour, de justice et de paix».

Le travail des policiers qui ont mené la charge contre le tireur fou l'an dernier a été salué d'une chaude ovation, tout comme le courage de la famille De Sousa, dont le premier ministre a souligné la force dans le deuil.

M. Charest a annoncé dans la foulée que le gouvernement accorde une subvention de 460 000 $ à l'Institut de recherche du centre universitaire de santé McGill. Celui-ci aura le mandat de produire une étude sur les impacts de la fusillade sur la santé émotionnelle et physique de la communauté étudiante, ainsi que sur l'efficacité des services de soutien psychologique mis en place après la tragédie.

Le premier ministre a indiqué qu'il souhaitait que ceci débouche sur l'établissement d'un protocole de réponse aux situations de crise en milieu scolaire. «Nous avons constaté qu'à la suite de tragédies semblables, aucune étude n'avait été faite sur une longue période de temps qui permettrait de mesurer l'impact sur les victimes immédiates et la collectivité, a-t-il dit. Ce que nous voulons, c'est développer un mode d'emploi, d'intervention, qui servira aux professionnels.»

Et s'il s'avère «impossible de prévoir la folie humaine», M. Charest a noté qu'il est au moins possible de tirer des leçons des événements de ce type. «On a vu à Dawson que les leçons [concernant les méthodes d'intervention policière] de Polytechnique ont servi.»