Bras de fer entre United Airlines et ses mécaniciens pour éviter la faillite

New York — La compagnie aérienne américaine United Airlines (UAL) poursuivait les négociations hier avec un syndicat de mécaniciens pour arracher un accord sur des réductions de salaire, alors que les autres salariés ont déjà accepté des sacrifices pour tenter d'éviter la faillite.

Samedi, environ 24 000 hôtesses et stewards d'UAL ont approuvé à une écrasante majorité un accord prévoyant 412 millions de dollars d'économies sur cinq ans et demi, laissant désormais seuls les 13 000 mécaniciens qui ne se sont pas encore entendus avec la direction sur des réductions de salaire.

Pour obtenir des autorités fédérales une garantie pour un prêt de 1,8 milliard de dollars, le deuxième transporteur aérien des États-Unis a promis d'économiser 5,2 milliards de dollars sur les salaires en cinq ans et demi. Il doit pour cela parvenir à convaincre l'ensemble de ses 84 000 employés de rogner sur leur feuille de paie.

«Nous avons mis au jour clairement les moyens de remettre sur pied notre compagnie financièrement, et c'est quelque chose qui ne peut être fait sans la coopération de chacune de nos catégories de personnel», a déclaré samedi le PDG Glenn Tilton, après avoir salué l'accord obtenu avec le personnel navigant.

Glenn Tilton, dont la compagnie a vu sa fréquentation chuter en flèche après les attentats du 11 septembre 2001, a laissé entendre récemment qu'UAL pourrait se déclarer en faillite dès le 2 décembre, cette date correspondant à l'échéance d'un prêt de 375 millions de dollars.

Selon des négociateurs cités hier par la presse américaine, la compagnie ne devrait toutefois pas se décider aujourd'hui et profiter d'un délai de grâce de dix jours ouvrables portant l'échéance au 16 décembre.

Nouveau vote

Malgré cela, la pression est forte sur les 13 000 employés de maintenance et apparentés qui ont refusé jeudi des réductions salariales ouvrant la voie à des économies estimées entre 600 et 700 millions

de dollars.

Randy Canale, le président du syndicat auxquels sont affiliés 37 000 mécaniciens d'UAL (l'Association internationale des machinistes, IAM), a envoyé samedi une lettre aux derniers réfractaires pour les appeler à revoter rapidement en faveur du oui.

Deux sections sur trois de l'IAM se sont dites majoritairement d'accord pour les sacrifices demandés. Selon des responsables du syndicat cités hier dans le New York Times, la troisième aurait été «abusée» par une organisation rivale plus radicale essayant de séduire de nouveaux membres potentiels.

Parmi les autres catégories de personnel, les pilotes ont ratifié il y a dix jours un accord prévoyant 2,2 milliards de dollars d'économies sur cinq ans et demi (leurs salaires vont baisser de 18 %) et les cadres et employés administratifs ont accepté de permettre à UAL d'économiser 1,3 milliard de dollars.

La fin de non-recevoir de certains mécaniciens, conjuguée à la décision de l'agence de notation financière Standard and Poor's de réviser encore à la baisse la principale note de crédit d'UAL (à «CCC-»), avait affolé la bourse vendredi, l'action de la compagnie chutant de 31 % en clôture à 2,51 dollars.

UAL, qui exploite quelque 1800 vols par jour aux États-Unis et dans le monde, va diminuer ses capacités de transport d'environ 6 % en 2003 par rapport à 2002, ce qui portera les réductions de capacité à 23 % depuis les attaques du 11 septembre.