Agression dans le métro: les agents indifférents n'auraient rien vu

La Société de transport de Montréal (STM) n'imposera pas de sanctions aux agents de surveillance du métro qui n'ont pas prêté assistance à une femme qui se faisait agresser dans le métro Berri-UQAM le 18 juin dernier. Elle leur reproche toutefois d'avoir manqué de discernement dans toute cette affaire.

Si les agents de surveillance ne sont pas intervenus pour venir en aide à la victime, c'est qu'ils n'ont pas vu l'incident, conclut le rapport de vérification rendu public hier par la STM. «Le rapport de la vérification générale démontre clairement qu'ils ne pouvaient pas la voir d'où ils étaient placés», a expliqué hier le président du conseil d'administration de la STM, Claude Trudel.

Les enquêtes menées par la division de la surveillance et la division de l'ingénierie ont révélé qu'une dispute avait éclaté entre un homme et une femme à 15h55, non loin des tourniquets. Deux agents de surveillance scrutaient les allées et venues des usagers mais ils n'auraient pas vu l'altercation puisqu'une colonne obstruait leur regard. Un homme s'est alors interposé dans la bousculade, et c'est à ce moment qu'un des quatre agents présents a communiqué avec le Centre opérationnel de la surveillance, qui a demandé l'intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). L'appel au SPVM était justifié, estime la vérificatrice générale de la STM, mais «les agents présents dans la station auraient dû se déplacer vers la scène de l'incident et intervenir».

Une minute et quatre secondes après le début de leur altercation, l'homme et la femme ont quitté les lieux. Ils n'ont jamais été retrouvés et aucune plainte n'a été déposée. Selon plusieurs témoignages, il pourrait s'agir de touristes, et le SPVM, qui a ouvert une enquête criminelle, doute qu'il puisse retrouver leur trace. Pour sa part, l'homme qui s'est interposé a refusé de collaborer à l'enquête par crainte de représailles. Il s'en était pris verbalement aux agents, furieux qu'ils n'interviennent pas malgré ses demandes répétées.

Toute cette affaire est survenue le jour même de l'entrée en fonction des policiers du SPVM dans le métro alors qu'une certaine confusion semblait régner quant aux responsabilités respectives des agents de surveillance et de ceux du SPVM. Au lendemain de l'incident, la présidente de la Fraternité des constables et agents de la paix de la STM, Josée Massicotte, avait justifié l'attitude des agents en affirmant qu'ils avaient reçu l'ordre de ne pas intervenir si une agression survenait mais de plutôt faire appel aux policiers, ce qu'avait nié la direction de la STM. Selon la société de transport, Mme Massicotte aurait par la suite reconnu qu'une telle consigne n'avait jamais été donnée aux agents de surveillance.

«Cet événement est malheureux et regrettable. [...] Il n'y a pas eu de manquement grave de la part de nos agents de surveillance. Un manque de discernement, oui», a indiqué hier Claude Trudel en ajoutant que, pour lui, l'incident est «clos».

Du côté du syndicat, on se réjouissait hier du fait qu'aucune sanction n'ait été imposée. Mario Berger, trésorier à la Fraternité, a plutôt accusé les médias d'avoir alimenté toute cette tempête.

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