Mattel: Option Consommateurs songe à un recours collectif

Après le rappel, la poursuite? Option Consommateurs, un regroupement consumériste, jongle actuellement avec l'idée d'intenter un recours collectif au Québec contre la multinationale américaine du divertissement Mattel. L'entreprise, qui a annoncé la semaine dernière le rappel de 18 millions de jouets défectueux fabriqués en Chine, fait face depuis le début de cette semaine à une telle poursuite aux États-Unis.

«Nous sommes en train d'évaluer avec nos procureurs l'exercice d'un recours collectif, a confirmé hier lors d'un entretien avec Le Devoir Michel Arnold, directeur de l'organisme. Il est clair qu'avec ce rappel, un tort important a été causé aux consommateurs et ils sont en droit de demander réparation.»

Depuis le début du mois, Mattel a battu deux rappels volontaires sur les marchés mondiaux du jouet en raison de défauts de fabrication sur certains de ses produits ou de la présence sur d'autres de peinture dont la teneur en plomb, un métal hautement toxique, dépasse les limites permises.

Au total, près d'un million de ces produits ont été vendus au Canada depuis 2002. Des jeux à l'effigie de Dora l'exploratrice, de Diego, de Sesame Street, tous trois vendus par sa filiale Fisher Price, mais aussi des accessoires de la célèbre poupée Barbie, des figurines de Batman, des Polly Pocket, des Doggie Care et la voiture Sarge de la série Cars — tirée du film d'animation Cars (Les Bagnoles) de Disney — sont touchés par ces mesures de rappel.

Devant les tribunaux

Depuis lundi, Mattel fait face à un recours collectif aux États-Unis. La poursuite a été enregistrée à la Cour supérieure de Los Angeles, dans le district judiciaire où la multinationale a son quartier général. L'avocat Jeffrey Killino, à l'origine de cette démarche, demande à Mattel de créer un fonds pour financer des tests sur les enfants ayant été en contact avec les jouets retirés du marché. Et ce, afin de vérifier s'ils ont été contaminés au plomb.

«Si Mattel est vraiment soucieuse de la sécurité des enfants, elle devrait donc s'attaquer à la base du problème et déterminer combien d'enfants ont été contaminés afin de les soigner immédiatement», a-t-il indiqué par voie de communiqué.

Tout en évaluant la possibilité d'emboîter le pas au voisin américain, Option Consommateurs a dénoncé hier Mattel, qui pénaliserait actuellement les consommateurs francophones du Québec en faisant régner la confusion autour de ces mesures de retrait des jouets sur le marché québécois. Le groupe de pression consumériste a en effet constaté que les parents cherchant à retourner un produits défectueux se butaient immanquablement à un service de soutien et d'information déficient, voire inexistant, en français.

Par ailleurs, après avoir visité 25 commerçants à travers la province, dont Toys «R» Us, Wal-Mart et Zellers, l'organisme versé dans la défense des droits des consommateurs déplore le manque d'uniformité dans les modalités de retour et de remboursement, certains acceptant le produit sans conditions alors que d'autres exigent facture et emballage. «Nous demandons à Mattel de remédier rapidement à cette situation», a dit M. Arnold. La branche canadienne de Mattel n'a pas retourné les appels du Devoir hier.