Sondage Léger Marketing - Manger bio, c'est bon pour les «granolas», les végétariens et les riches!

Photo: Jacques Nadeau

Les campagnes pour promouvoir l'alimentation biologique et les produits équitables peinent visiblement à porter fruits. Près de la moitié des consommateurs canadiens sont en effet réfractaires, opposés, voire déçus par ces catégories de produits.

Pis, l'image qu'ils en ont est souvent négative, indique un sondage dévoilé hier par l'organisme Équiterre, qui appelle désormais les producteurs, les commerçants, les organismes communautaires et les gouvernements à passer à l'action pour inverser cette tendance.

Le coup de sonde lancé d'un océan à l'autre entre le 6 et le 28 mars dernier par Léger Marketing indique que le bio mais aussi le commerce équitable n'ont finalement, depuis toutes ces années, «convaincu» qu'un quart de la population. L'enquête menée par l'entremise d'Internet auprès des «responsables des achats alimentaires des ménages» a une marge d'erreur de 2,4 %, 19 fois sur 20.

Autre constat: même si elle est associée à de la nourriture saine par 59 % des répondants et de «bonne qualité» par 34 % des personnes sondées, l'alimentation biologique souffre encore d'une image poussiéreuse. À preuve, les adeptes du bio sont perçus comme des «granolas» par 42 % des répondants, comme des végétariens (39 %), mais aussi comme des riches (24 %).


Un truc pour l'élite

Du côté des produits équitables, le portrait est presque similaire puisque cette catégorie de produits est également vue par une grande majorité des Canadiens comme un truc pour l'élite, révèle le sondage. Ce pan de la consommation qui tente d'augmenter le revenu des producteurs du Sud en réduisant les intermédiaires entre eux et les consommateurs est en effet associé aux personnes «in» par 34 % des sondés, aux urbains (25 %), aux intellos (20 %) et encore aux granolas (20 %).

Fait intéressant, parmi ceux qui succombent à l'appel de l'équitable, près de 40 % sont «incapables d'expliquer les raisons» qui les motivent, indique le document. Une même proportion se jette toutefois sur le café, le sucre ou le cacao équitable pour «des raisons philanthropiques», peut-on lire.

«Les produits bio et équitables ne sont pas encore perçus comme des produits pour tous, a commenté Frédéric Paré, coordonnateur du programme Agriculture écologique chez Équiterre. À l'avenir, nous devrions d'ailleurs travailler pour faire changer cette perception.»

Le groupe de pression socioécologique recommande d'ailleurs aux gouvernements de «réaliser une vaste campagne sur les produits biologiques, équitables et locaux», indique-t-il, afin de combler les carences en information sur ces sujets que les consommateurs ont en grande majorité exprimées lors du sondage.

Cette démarche didactique pourrait aussi, croit Équiterre, être associée à des mesures fiscales, mais aussi à des gestes concrets posés par les distributeurs et producteurs afin d'améliorer l'accessibilité à ces produits et de réduire leurs prix, deux freins importants nommés par les répondants.
2 commentaires
  • Michelle Bergeron - Inscrit 21 juin 2007 01 h 28

    Utopie

    La culture du Biologique demande beaucoup d'espace et occasionne beaucoup de perte. Si le nombre était grand nous assisterions à plus de déboisement. Tout comme le commerce équitable qui est excellent mais réalisons-nous que si tous les habitants de la terre buvaient un café ( non essentiel)tous les jours le déboisement serait obligatoire et une grande perte pour la planète.
    Trop dipendieux pour les bas revenus certainement.

  • Roland Berger - Inscrit 21 juin 2007 22 h 15

    Trop cher

    Les aliments biologiques et équitables sont effectivement plus chers que les autres. Il faudrait commencer par réduire leur prix. Mais comment il ne faut surtout pas que les gouvernements s'immiscent dans la libre entreprise, ces aliments demeureront plus cher jusqu'à ce que une majorité d'individus les préfèrent, c'est-à-dire dans la semaine des deux jeudis.
    Roland Berger
    London, Ontario