Ouest de l'île de Montréal - Guerre discrète aux gangs de rue

Cinq assassinats, autant de tentatives de meurtre et 91 arrestations: les policiers de l'ouest de l'île de Montréal en ont plein les bras avec les gangs de rue depuis le début de l'année 2007. La présence active des gangs dans les arrondissements de LaSalle, de Lachine, de Côte-des-Neiges et de Notre-Dame-de-Grâce a semé l'inquiétude au sein de la population, au point que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a dû lancer un projet-pilote d'intervention: l'équipe Omni. Il s'agit d'une équipe multidisciplinaire regroupant à la fois les patrouilleurs des 12 postes de quartier de l'ouest de la ville et les enquêteurs spécialisés du centre opérationnel Ouest.

«On avait plusieurs unités au service qui travaillent toutes un peu en solo: les postes de quartier, les gens des gangs de rue, des stupéfiants et des enquêtes. On a étudié la possibilité de regrouper l'ensemble de ces forces-là [...] pour avoir une force opérationnelle et une visibilité plus grandes», a expliqué Sylvain Brouillette, responsable du dossier gang de rue à la région Ouest.

Depuis sa création, le 27 février, l'équipe Omni a procédé à l'arrestation de 91 individus présentant un fort potentiel de violence, a expliqué le commandant Michèle Saint-Onge, responsable de l'équipe Omni. Deux des cinq tentatives de meurtre ont pu être résolues. Aucune affaire de meurtre n'a cependant été classée.

Des accusations de possession et trafic de stupéfiants, de possession d'armes prohibées, d'usage d'armes à un dessein dangereux, de vol qualifié, de séquestration, d'invasion de domicile, d'extorsion et de proxénétisme ont notamment été portées contre les 91 accusés. La plupart d'entre eux sont de jeunes adultes, âgés de 18 à 21 ans. Il y a environ cinq mineurs parmi eux. De faibles quantités de drogue et cinq armes ont été saisies.

Le SPVM refuse cependant de dévoiler le nombre de policiers engagés dans l'équipe Omni. Pas plus qu'il n'a voulu chiffrer l'étendue du phénomène des gangs dans l'ouest de l'île, ni même nommer les factions (rouges ou bleues) en présence. «On ne veut pas donner d'ampleur à ces gangs-là», a dit M. Brouillette. «Lorsqu'on identifie les secteurs ou les couleurs, ça les glorifie. Notre volet recherche nous démontre que c'est négatif de prendre cette tactique-là», a renchéri Mme Saint-Onge.

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