Procès pour crime de guerre, crime contre l'humanité et génocide - Une témoin à la mémoire vascillante

Une survivante du génocide rwandais, le témoin C-17, a été affligée de nombreux trous de mémoire, hier au procès de Désiré Munyaneza, alors qu'elle subissait curieusement son contre-interrogatoire par l'avocat de l'accusé.

La jeune femme a éprouvé maintes difficultés à se souvenir du nombre de fois où elle a témoigné devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et du nombre d'occasions où elle a rencontré les enquêteurs du Canada. «Vous êtes un employé du tribunal, peut-être pouvez-vous me le rappeler, peut-être que vous le savez mieux que moi», a lancé le témoin C-17 à Richard Perras, l'avocat de M. Munyaneza.

La jeune femme a haussé le ton à quelques reprises devant les questions précises de Me Perras au sujet de ses déclarations actuelles et antérieures au TPIR. Les unes et les autres sont parfois difficiles à réconcilier, notamment en ce qui a trait à la fréquence des rencontres du témoin C-17 avec un certain milicien hutu nommé Shalom (un ami de Munyaneza) pendant le génocide de 1994.

Le juge de la Cour supérieure, André Denis, a même dû rappeler à la jeune femme que l'avocat de la défense «n'était pas son ennemi». «Vous devez comprendre que ceci est un nouveau procès et que l'avocat a le droit de vous poser ces questions», a dit le juge.

La veille, le témoin C-17 avait déclaré que Désiré Munyaneza l'avait violée à quatre reprises au cours du génocide et qu'il avait tué un homme à coups de machette sous ses yeux. Elle a identifié l'accusé en personne dans la salle d'audiences, et ce, à partir d'un jeu de photographies que lui avaient déjà montré les enquêteurs canadiens en 2005.

Or Me Perras a fait ressortir que la jeune femme n'avait pas reconnu Désiré Munyaneza en photo en 2005, citant à l'appui les notes des enquêteurs. «C'est un mensonge», a dit le témoin C-17. «C'est votre témoignage», a répliqué Me Perras du tac au tac.

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