Une absurdité dans la majorité des cas

Selon un sondagé réalisé par la firme SOM pour le compte de Vélo-Québec, 76 % des Montréalais croient qu'il faudrait interdire le VDFR près d'établissements fréquentés par des clientèles vulnérables. Sur les 2292 feux de circulation que compte Montréal, Vélo-Québec a répertorié 1917 intersections qui sont pourvues d'un feu pour piétons, traversent une piste cyclable ou se trouvent à moins de 300 mètres d'une garderie, d'une école, d'un hôpital ou d'une résidence pour personnes âgées. De plus, autoriser le VDFR sur seulement 16 % des intersections ne ferait que semer la confusion chez les automobilistes, croit Jean-François Pronovost, qui comptait défendre cette position lors des audiences sur le VDFR à Montréal hier soir.

Le sondage a aussi appris à Vélo-Québec que 60 % des Montréalais craindraient pour leur sécurité dans leurs déplacements à pied ou à vélo si la manoeuvre était permise à Montréal. Et ils n'ont pas une haute opinion des automobilistes, estimant que 86 % d'entre eux ne se proccupent pas assez de la sécurité des piétons et des cyclistes.

«Il y a des inquiétudes et une préoccupation des Montréalais pour la sauvegarde d'un minimum de sécurité [...]. Les conditions ne sont pas favorables à l'implantation du virage à droite», résume Jean-François Pronovost, qui demande aux élus de renoncer à l'idée d'instaurer le VDFR sur l'île. Cette opinion est d'ailleurs partagée par de nombreux participants aux audiences, parmi lesquels la Direction de la Santé publique de Montréal-Centre et la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec.

Compte tenu de l'intérêt manifesté à l'égard de ces audiences, les membres de la commission, présidée par Jeremy Searle et Peter Yeomans, organiseront vraisemblablement d'autres soirées de consultation en janvier prochain. Rappelons que le VDFR sera autorisé à partir du 13 avril prochain au Québec, à l'exception de Montréal où l'administration municipale doit adopter sa propre politique à cet égard.