Coderre veut débattre de la carte d'identité nationale

Ottawa — Ses collègues ministres et les partis d'opposition ont beau émettre des réserves, le ministre de l'Immigration, Denis Coderre, tient mordicus à ce que les Communes débattent de son idée de carte d'identité nationale.

Hier, à sa sortie de la Chambre des communes, le ministre annonçait son intention de soumettre la question au comité parlementaire de la citoyenneté et de l'immigration. «Étant donné qu'on fait présentement un débat sur la nouvelle loi sur la citoyenneté et qu'il y a une carte de citoyenneté qui existe, je dis [que] le temps est venu d'avoir un débat sur la question de la biométrie et la question de l'identité», a-t-il déclaré, avant de préciser que la question sera soumise au comité parlementaire.

L'idée controversée du ministre Coderre, lancée la semaine dernière, servirait de «processus d'identification» et représenterait un «moyen pour prévenir d'autres sortes de problèmes». En mots clairs, la carte pourrait alléger les problèmes auxquels les Canadiens font face aux États-Unis et apaiser les craintes du puissant voisin américain. Le sujet a d'ailleurs fait l'objet de discussions entre le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, et le secrétaire d'État américain, Colin Powell, lors de sa visite à Ottawa la semaine dernière.

La carte du ministre Coderre ne fait cependant pas l'unanimité au sein même du conseil des ministres. Déjà, sa collègue du Revenu national, Elinor Caplan, l'a contredit publiquement en affirmant que le Canada n'avait pas besoin d'une telle carte puisque le passeport est suffisant.

Actuellement, les Canadiens qui le désirent peuvent obtenir une carte de citoyenneté avec photo et signature du porteur. La carte d'identité proposée par M. Coderre serait plus sophistiquée puisqu'elle comporterait des données biométriques: empreintes digitales ou image de l'iris.

Pour le ministre, le débat sur la question est nécessaire afin de déterminer comment cette carte pourrait être créée «sans nécessairement empiéter sur la vie privée».

«Je pense que le débat, c'est: est-ce qu'on peut utiliser la technologie et s'assurer en même temps de protéger la vie privée des gens», a noté Denis Coderre.