Mandat de grève générale dans 24 CPE de Montréal et Laval

Les 500 travailleuses de 24 centres de la petite enfance de Montréal et de Laval ont voté hier à 90 % en faveur du déclenchement d'une grève générale illimitée dès le 5 mars, si aucune entente n'intervient avec l'Association patronale des centres de la petite enfance (APCPE) sur les deux principaux points en litige, soit l'embauche d'aide-éducatrices et le paiement d'une augmentation de salaire de 2 % déjà prévue.

Après avoir tenu six journées de grève depuis près d'un mois, les travailleuses ont ainsi choisi d'augmenter la pression sur la partie patronale, d'autant plus qu'un éventuel débrayage priverait quelque 2000 enfants de service de garde. Bref, tout un casse-tête pour les parents. «Le message à l'Association patronale des CPE est on ne peut plus clair: les travailleuses ne lâcheront pas», a fait valoir hier Véronique Lapierre, la présidente du syndicat.

Celle-ci a toutefois tenu à préciser que le déclenchement d'une grève constitue le moyen de pression ultime, ajoutant que le syndicat demeure disponible pour la négociation. «On souhaitait en arriver à une entente avec nos six jours de grève, mais ils [la partie patronale] ont laissé les journées s'écouler jusqu'à ce qu'on arrive à un point où les gens sont suffisamment déterminés pour continuer la bataille», a rappelé Mme Lapierre. Selon elle, «la partie patronale est isolée, parce qu'ils sont les seuls à revendiquer la question de l'aide-éducatrice. Même l'Association provinciale des centres de la petite enfance est contre, la même chose pour les regroupements régionaux de CPE. Pour nous, ça ressemble à de l'entêtement.»

Aides-éducatrices

L'introduction des «aides-éducatrices», qui gagneraient cinq dollars de l'heure de moins que les éducatrices, est donc tout simplement «inacceptable» pour les syndiquées. «L'employeur nous affirme que les aides-éducatrices remplaceront les éducatrices pour de courtes périodes, par exemple l'accueil, le dîner, les siestes, les pauses, les sorties, la fermeture, etc., alors que ces moments de routine représentent près de 70 % de notre journée de travail!», a soutenu la porte-parole des 500 travailleuses. En clair, «l'aide-éducatrice va se retrouver à faire les mêmes tâches à un salaire moindre», selon Mme Lapierre.

Lors d'une rencontre tenue au début février avec la partie patronale, le syndicat a toutefois proposé de «créer un nouveau type d'emploi, soit "l'aide-générale", pour répondre aux besoins de soutien de l'éducatrice», a dit Véronique Lapierre.

Hausse salariale

Par ailleurs, les travailleuses exigent le paiement d'une augmentation salariale de l'ordre de 2 % convenue entre la CSN et le gouvernement québécois en mars 2006. Elle n'a toujours pas été versée aux travailleuses, alors que les autres travailleuses affiliées à la CSN ailleurs en province ont déjà reçue ladite hausse.

L'APCPE a refusé de commenter la situation hier, et ce, «à la demande du médiateur», selon une porte-parole de la partie patronale, Amélie Tremblay. On n'avait toujours pas réagi au moment de mettre sous presse et on n'a pas été en mesure de préciser une quelconque feuille de route pour les journées à venir. Commentant l'introduction de la catégorie d'emploi d'«aides-éducatrices», le président de l'APCPE, Martin Boucher, avait déjà indiqué plus tôt ce mois-ci au Devoir que ces aides-éducatrices seraient simplement appelées à faire de «petits remplacements».

L'Association patronale soutient aussi qu'aucune perte d'emploi n'est associée à cette démarche. Elle déplore la lourdeur des moyens de pression, faisant valoir que 90 % de la convention collective est réglée.

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