En bref - Jugement à porter en appel

Sur les deux rives de la métropole, on réclamait hier du ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard, qu'il porte en appel le jugement Lefebvre qui sacrifie les trois quarts des milieux humides ciblés par le projet résidentiel Islemère à Laval.

Le Front vert et le Conseil régional de l'environnement de Laval ont en effet réclamé publiquement une intervention «forte et rapide» du ministre Béchard pour préserver l'intégrité de la Loi sur la qualité de l'environnement (LQE). Le juge Luc Lefebvre de la Cour supérieure a en effet statué jeudi dernier que les «marécages forestier sur tourbe» ne font pas partie des «marécages» que la loi protège sans restriction. Le juge Lefebvre a même qualifié l'inclusion des marécages forestier sur tourbe dans la catégorie protégée comme étant «manifestement déraisonnable» malgré le voeu explicite du législateur de protéger les marécages sans restriction. Pour le biologiste Richard Pelletier, du CRE de Laval, «la présence et le comportement des espèces vivantes dans les milieux humides» — des espèces particulières peuvent survivre les pieds en permanence dans l'eau — est un indicateur beaucoup plus solide que les définitions de dictionnaires retenues par le juge Lefebvre. Et, ajoute-t-il sur le plan scientifique, «l'absence d'eau de surface ne peut pas être retenue comme le seul critère de reconnaissance d'un milieu humide», comme l'affirme la Cour supérieure. Pour Tommy Montpetit, du Front vert de la région métropolitaine, le ministre doit défendre l'intégrité et l'entendement le plus large possible de la LQE, que menace de façon substantielle le jugement Lefebvre.

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