Association des bureaux de congrès du Québec - Les régions déploient leurs plus beaux atours

Tourisme Rimouski joue beaucoup sur la proximité du fleuve pour attirer le tourisme d’affaires.
Photo: Tourisme Rimouski joue beaucoup sur la proximité du fleuve pour attirer le tourisme d’affaires.

L'Association des bureaux de congrès du Québec (ABCQ) soutient un réseau d'une vingtaine de villes/destinations régionales dans le domaine du tourisme événementiel et d'affaires. Plusieurs régions du Québec sont dotées d'infrastructures d'accueil fort adéquates pour loger cette clientèle et elles regorgent d'attraits naturels susceptibles de diversifier l'offre sur ce marché fort alléchant et rémunérateur.

Selon l'ABCQ, les participants à des congrès et des événements majeurs tenus dans les 19 villes membres de ce regroupement ont dépensé plus de 84 millions de dollars à l'occasion d'environ 1700 rencontres, en 2005. Cette somme représente une augmentation de 7 % par rapport aux statistiques de 2004. En fait, le nombre de congrès (incluant les congrès eux-mêmes, les colloques, les assemblées générales, les réunions d'affaires, les symposiums et les rassemblements familiaux) s'est élevé à 1260, pendant que se déroulaient 442 événements (sous forme de festivals, tournois, championnats, salons et expositions). L'industrie a été en mesure d'enregistrer près de 300 000 nuitées pendant cette période de 2005.

Yves Bernier est agent de promotion et responsable du dossier des congrès et événements pour Tourisme Bois-Francs. Il occupe ses fonctions depuis

20 ans. Croit-il que cette forme de tourisme a connu sur le plan régional le même rythme de croissance que le tourisme d'agrément au cours des dernières années? «Ça dépend toujours du dynamisme des régions et des lieux. Les technologies ont amené énormément de changements qui se sont traduits par une forte diminution des rencontres sur le plan corporatif; c'est le résultat de la mise en place d'Internet et autres moyens de communication. Par contre, on a de plus en plus de réunions pour stimuler les ventes et il y a aussi le marché associatif qui a pris de l'ampleur.»

Les événements prennent le pas

Il se sert de l'exemple de Victoriaville pour parler d'un tourisme devenu plus événementiel: «On reçoit de plus en plus d'événements qui sont devenus récurrents d'année en année.»

Il y a des manifestations à saveur agricole qui figurent tous les ans au calendrier dans une région très tournée vers cette activité économique. Les sports génèrent eux aussi leur bonne part d'événements: «Ce domaine a connu une très nette progression. Si je regarde du côté de chez nous, on a commencé avec un tout petit tournoi de basket-ball il y a 25 ans, et aujourd'hui, celui-ci est devenu le plus important au Canada. Les retombées deviennent importantes sur le plan touristique quand on accueille 142 équipes de basket et 220 autres de soccer. Tout cela a pris énormément d'ampleur par rapport à ce que c'était il y a une vingtaine d'années.» En d'autres endroits, c'est la culture qui amène de l'eau au moulin.

Après avoir souligné que, du côté des congrès, il existe aussi des avancées, particulièrement sur le plan associatif, M. Bernier affirme que l'industrie continue de se développer: «Ici, on vient de réaliser un nouveau centre de congrès et il en est de même à Lévis, où il s'en construit un en ce moment; c'est aussi le cas au Massif [en Charlevoix], et le Mont-Tremblant continue de se développer. C'est un marché qui est relativement lucratif et les gens sont toujours à la recherche de nouveautés. Nous, on dit toujours: "Innover ou mourir".»

Il résume finalement la façon de Tourisme Bois-Francs d'aborder globalement toute la question touristique: «Nous, on travaille par secteurs. Il y a le touriste individuel, auquel je propose des forfaits vacances. Il y a celui qui voyage en groupe avec les clubs de l'âge d'or, les agences de voyage ou autres, pour lequel j'organise des tournées. Et il y a le marché des congrès ou événements pour lequel sont mis en valeur des lieux et sont réservées des activités spéciales. Tout cela est quelque peu interrelié.»

Dans la région du Bas-Saint-Laurent

Coordonnatrice des congrès auprès de Tourisme Rimouski, Marina Pellerin associe la réussite du tourisme d'affaires en région autant à l'infrastructure d'accueil qu'aux attraits naturels en place. C'est ainsi qu'elle parle de son coin de pays: «Il faut essayer de trouver tous les moyens pour satisfaire les visiteurs. Étant situé en région, on doit aller un peu plus loin que dans les grands centres. Nous, on a de l'hébergement de qualité, on a quelque chose de bien, on a du quatre-étoiles concentré au centre-ville; il y a à cet endroits trois hôtels situés tout près les uns des autres et qui peuvent loger 500 personnes. On mise beaucoup là-dessus, mais ce n'est pas suffisant si on se trouve en région.»

Il faut miser sur autre chose et Rimouski est gâté sur ce plan: «On peut compter sur quatre attraits majeurs connus et reconnus. On joue beaucoup sur la proximité du fleuve. Lorsqu'on parle ailleurs du rapprochement avec ce dernier et de l'air salin tout autour, c'est bien beau; mais nous, on est plus près encore du Saint-Laurent, aussi bien dire qu'on est dedans: on appuie sur le bouton de circulation pour les piétons, on traverse le boulevard et nous voici rendus au fleuve.» Elle ajoute: «Il importe que l'on abatte toutes nos cartes car, par rapport aux grands centres, les services offerts ne sont pas les mêmes.»

Les grands défis à relever

Une région gâtée par Dame Nature et une ville dotée d'infrastructures hôtelières plus que convenables. Que faut-il de plus pour attirer le tourisme d'affaires? «La difficulté qui se pose, c'est de faire venir les gens, de leur démontrer que les 400 ou 500 kilomètres qu'ils vont parcourir à partir de Montréal, ils ne les regretteront pas», répond la coordonnatrice.

Il importe de plus de leur offrir un accueil qui leur donnera le goût de revenir: «On peut miser là-dessus et ce, non seulement en ce qui concerne les organisateurs ou les dirigeants des groupes, mais aussi les membres qui en font partie. À l'occasion de certaines rencontres, les gens qui sont déjà venus en congrès chez nous nous disent qu'ils ont tellement apprécié leur séjour qu'ils sont revenus pour y passer leurs vacances. Il y a là une forme de complémentarité entre le tourisme d'affaires et d'agrément.»

Le rayonnement promotionnel

De l'avis de Marina Pellerin, l'avenir des régions sur le marché des congrès réside dans l'art de vendre leur produit. Elle s'explique: «En vertu de la loi, il y a des sous qui sont ajoutés sur la facture de la chambre et qui sont utilisés pour la promotion, dont on est inondé. Donc, quand on veut faire de la promotion, il ne faut pas se perdre dans la masse et la faire différemment. On s'efforce toujours de se démarquer dans ce sens-là, autant pour les congrès que pour le tourisme de villégiature.»

Elle fournit un exemple: «En 2005-2006, on a tenu deux campagnes assez particulières qui ont obtenu l'effet escompté. On a joué gagnant avec ces promotions-là! On a nolisé des avions et on est allé chercher des gens à Québec et à Montréal pour les amener ici et les retourner chez eux à l'intérieur de 24 heures. Ce n'est pas tout de leur dire qu'on dispense un bon service, qu'on a des beaux établissements et des attraits naturels; on voulait leur faire voir ces réalités afin qu'ils aient par la suite le goût de venir nous revoir en roulant pendant des centaines de kilomètres.»

Sur le plan des régions, Mme Pellerin considère qu'à l'avenir, la façon de se distinguer avantageusement au moyen de la promotion pourra faire toute la différence dans le tourisme d'affaires.

Collaborateur du Devoir

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