En juillet prochain - Montréal recevra les planificateurs de congrès

En juillet, de 3000 à 4000 personnes se réuniront à Montréal. Pour plusieurs d'entre elles, il s'agira d'une première visite et d'une occasion de découvrir la métropole et ses infrastructures. L'enjeu est important. Ces visiteurs sont des professionnels de l'organisation de congrès et d'événements qui pourraient par la suite choisir d'en tenir à Montréal.

Un congrès «capital pour l'avenir de Montréal». C'est ainsi que l'organisme Tourisme Montréal qualifie le World Education Congress (WEC) qui se tiendra dans la métropole du 28 au 31 juillet. Il s'agit d'un congrès international annuel de MPI (Meeting Professionals International), une association de planificateurs de congrès et d'événements qui compte plus de 21 000 membres résidant dans une soixantaine de pays.

«C'est un congrès qu'on appelle multiplicateur [parce que les participants sont des planificateurs de réunions qui pourraient par la suite en organiser à Montréal]. C'est énorme. Pour nous, c'est le plus important pour Montréal pour la décennie», dit Didier Rabette, vice-président, marché affaires, de Tourisme Montréal et président du comité local d'organisation du WEC 2007.

Les organisateurs prévoient des retombées économiques de 100 à 150 millions de dollars pour la métropole d'ici cinq à sept ans. «Les retombées du congrès lui-même seront de quelques millions de dollars, mais l'impact de ce congrès-là, c'est surtout de montrer Montréal à 1000 ou 1500 planificateurs de réunions qui ne l'ont jamais vu» et qui vont par la suite y amener des réunions et des congrès, mentionne M. Rabette.

Pour Hélène Pigeon, présidente de MPI Montréal et directrice générale d'Organisation d'événements Agora, le WEC 2007 sera une occasion de montrer «ce qu'on peut offrir en matière d'infrastructures, d'espace, de qualité de l'accueil, de la qualité de nos planificateurs et fournisseurs qui seront présents pendant tout le congrès». Les planificateurs d'événements doivent souvent connaître de nouvelles destinations et le congrès de MPI leur permet de le faire, ajoute-t-elle.

De 3500 à 4000 congressistes attendus

Les organisateurs espèrent que 3500 voire 4000 fournisseurs et planificateurs de congrès et d'événements participeront au WEC de juillet. Plusieurs d'entre eux se rendront à Montréal pour la première fois.

Parmi les fournisseurs, on trouve des hôtels, des experts en exposition, des spécialistes de l'audiovisuel, des traiteurs, bref des personnes ou des entreprises qui offrent un service pour un événement ou un congrès. Les planificateurs de congrès ou de réunions sont pour leur part des intermédiaires entre le client et les fournisseurs.

Quelque 80 % des congressistes au WEC 2007 proviendront des États-Unis, 15 % du Canada et 5 % d'autres pays, surtout européens.

Tourisme Montréal souhaite les inciter à prolonger leur séjour dans la métropole. Selon les échos qu'a eus M. Rabette, plusieurs membres de MPI se rendront au congrès de cet été accompagnés de leur conjoint et parfois aussi de leurs enfants, et comptent visiter Montréal et le Québec après le congrès.

Formation et réseautage

Le programme du congrès n'est pas encore connu. C'est le siège social de MPI à Dallas aux États-Unis qui se charge de l'élaborer. Le WEC s'ouvre chaque année par une conférence suivie d'ateliers. Certains sont destinés aux personnes qui débutent dans le domaine, d'autres, à celles qui ont quelques années d'expérience, et d'autres enfin, aux seniors.

«Le type de sujets traités est très varié. Ce sera parfois sur des aspects à caractère logistique, sur les nouvelles tendances, sur les nouvelles façons de faire en fonction de ces nouvelles tendances. On va déborder aussi un peu de l'aspect très relié à l'organisation d'événements. On peut avoir des ateliers sur la relation travail-famille, sur notre développement en tant que personne dans une profession...», dit la présidente de MPI Montréal.

La section montréalaise

de MPI compte quelque 200 membres. Elle leur offre de la formation et des occasions de faire du réseautage.

Le comité local d'organisation du WEC 2007 veille pour sa part notamment à l'organisation d'un cocktail d'ouverture le 28 juillet à la gare Windsor, et du gala de fermeture le 31 juillet dans le Vieux-Port. Il est aussi responsable de l'accueil et du transport des congressistes à Montréal.



Montréal, ville de congrès

Montréal arrive au troisième rang nord-américain pour l'organisation de congrès internationaux, c'est-à-dire qui comptent des participants d'au moins quatre pays. Washington et New York occupent respectivement le premier et le deuxième rang.

Pour les congrès nord-américains, Montréal est en concurrence au Canada avec Toronto et Vancouver. La Ville reine dame pour le moment le pion à la métropole québécoise. Elle a un plus grand centre des congrès et davantage d'hôtels, mentionne le vice-président, marché affaires, de Tourisme Montréal.

Une ville propre

Le président-directeur général de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, a déploré récemment la malpropreté de la métropole québécoise.

Les planificateurs de congrès partagent-ils cette préoccupation? «C'est sûr que lorsque l'on choisit une destination, c'est un des éléments qu'on va aussi regarder», dit la directrice générale d'Organisation d'événements Agora.

«Je ne blâme pas nécessairement la seule Ville de Montréal. En tant que citoyens, on a tous notre part de responsabilité. Si les gens arrêtaient de mettre leurs mégots et leurs papiers par terre, je pense que ça aiderait beaucoup», ajoute-t-elle.

Dans les sondages auprès de planificateurs de congrès nord-américains, Montréal n'arrive pas dans le peloton de tête des villes les plus propres, mentionne Didier Rabette. «On est perçu comme une ville où l'on a beaucoup de plaisir, où l'offre de divertissements est très bonne, mais quand on parle de sécurité ou de propreté, on n'est pas perçu comme étant parmi les meilleures villes, en effet», dit-il.

M. Rabette souhaite que la métropole québécoise soit la plus propre possible pour le congrès de cet été et se dit content de l'implication de la Ville de Montréal. «Pour nous, c'est important que les gens voient Montréal à son meilleur. On ne peut pas se permettre d'avoir des commentaires négatifs. On parle de planificateurs de réunions, des gens qui peuvent revenir avec 1000, 2000 ou 10 000 autres personnes, donc c'est important pour nous d'être sinon parfaits, du moins le plus parfaits possible», conclut-il.

Collaboratrice du Devoir

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