Saguenay-Lac-Saint-Jean - L'écotourisme en bannière

Le fjord du Saguenay
Photo: Le fjord du Saguenay

La ville de Saguenay possède les infrastructures d'accueil aptes à recevoir des congrès de grande envergure; la prestigieuse Acfas (Association francophone pour le savoir) tenait ainsi l'an dernier à cet endroit sa réunion annuelle, formée d'une cohorte de plus de 3000 chercheurs et invités. D'autres pôles urbains de la région servent au déroulement d'événements de moindre envergure dans des sites attrayants.

Du côté du Saguenay, il existe trois centres de congrès qui peuvent héberger chacun autour de 1000 personnes. Richard Brabant, président de l'ABCQ (Association des bureaux de congrès du Québec) et démarcheur au bureau des congrès et événements à l'intérieur de l'Association touristique régionale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, complète l'inventaire: «Autour de ceux-ci gravitent bien entendu plusieurs établissements hôteliers et d'excellents restaurants. Est-il besoin de mentionner que les bars et les lieux de rencontre sont très nombreux chez nous?»

Malgré une plus forte concentration des centres de congrès d'importance au Saguenay, le Lac-Saint-Jean tire son épingle du jeu: «Ils ont des centres à la hauteur de leur population; ils sont peut-être plus petits, mais ils peuvent recevoir des congrès moyens, qui peuvent compter de 100 à

120 personnes. Les pôles d'Alma et de Roberval sont particulièrement bien nantis. Dolbeau se tire d'affaire avec la présentation d'événements et d'expositions.»

Il indique les avantages de tenir des rencontres dans la région: «Les coûts sont moindres et les possibilités sont très grandes, tant pour les prix des chambres que pour ceux de la restauration. On n'a pas de problèmes de trafic ou de stationnement.»

Il vante les mérites de ce coin de pays: «Les congressistes sont avantagés par les attraits et par toute l'infrastructure, qui est facilement comparable à celle de la majorité des grandes régions, si l'on excepte les secteurs de Québec et de Montréal. Il y a ces deux géants, mais je pense que nous nous situons dans une très bonne moyenne et que nous sommes très avancés au point de vue de l'infrastructure en place.» Les visiteurs bénéficient de cette situation avantageuse et peuvent en même temps tirer profit des richesses naturelles environnantes: «Il y a tous les attraits du fjord et du lac. Nous sommes très bien nantis à cet égard.»

Marché touristique

Congrès et événements spéciaux représentent près de 25 % de toute l'industrie touristique du Saguenay-Lac-Saint-Jean: «Les clients qui participent à de telles manifestations vont dépenser trois fois plus d'argent que les touristes d'agrément. Il y a carrément trois fois plus de retombées par nuitée qui émanent du tourisme d'affaires. Les comptes de dépenses aidant, ils tiennent moins compte du prix de la chambre d'hôtel et du coût des produits qu'ils consomment.»

M. Brabant souligne que toutes les formes de congrès sont les bienvenues dans la région, quoique les promoteurs mettent l'accent sur une particularité: «On s'est mis à travailler beaucoup sur les plans du sport, de l'écotourisme et du tourisme d'aventure. Dans ce domaine, personne ne peut nous enlever la place privilégiée que nous occupons: lac, fjord, montagnes, forêt, tout est magique ici pour ce genre d'activités dans lesquelles les gens investissent beaucoup, parce qu'on pense de plus en plus à notre santé et on se tourne vers la nature.» Et il ajoute: «Les gens se dirigent vers des endroits où, en même temps, il fait bon habiter. Après avoir profité de la nature environnante, ils aspirent à leur bien-être.»

Un marché davantage ciblé

Au sujet des infrastructures, Richard Brabant se montre satisfait de ce qui existe déjà: «Je ne vois pas de problème sauf celui de la concurrence, qui est de plus en plus féroce. Dans les autres régions, on met le paquet pas à peu près sur le plan des infrastructures extérieures.»

Il y a toutefois place à l'amélioration: «Si on parle du bureau lui-même et des problématiques, nos résultats sont un peu inférieurs per capita par rapport aux autres régions du Québec. Quant aux lacunes, il faut reconnaître que ce bureau de congrès et d'événements commence seulement à se développer. On est devenu un marché orphelin depuis que la fusion des différentes villes est survenue; cet aspect a été quelque peu délaissé. Pendant que personne ne s'occupait plus directement de ce dossier-là, la concurrence s'est présentée, parce que ce marché devient plus intéressant et nécessite beaucoup moins d'efforts monétaires pour attirer la clientèle. Cela est dû au fait que 25 % des touristes d'affaires dépensent trois fois plus que les autres visiteurs, comme je le mentionnais précédemment.»

D'ici la fin du mois, le bureau prendra officiellement forme pour mieux gérer tout ce volet de l'activité touristique: «On va pouvoir aller chercher la collaboration active des principaux réseaux de professionnels de toute la région. On va être capable de préparer un bon plan de communication et de mesurer nos résultats. On poursuit le but de centraliser toutes les activités pour arriver à un développement plus harmonieux.»

À son avis, la route du parc se présente toujours comme un obstacle au tourisme d'affaires: «Il ne faut pas se leurrer. Quand on essaie de se vendre, c'est un peu le point faible qui ressort.» En contrepartie, le facteur distance peut représenter un avantage: «Je vois des gens qui viennent ici pour différentes raisons, que ce soit pour tourner des films ou pour le tourisme d'aventure. L'éloignement des grands centres fait en sorte qu'ils profitent d'un pouvoir de rétention.»

Il envisage l'avenir du tourisme d'affaires de cette façon: «On doit s'assurer une présence active au sein des différents organismes extérieurs pour mieux faire connaître notre région; elle ne doit pas rester orpheline comme ce fut le cas durant un certain temps. Dans ce sens, on assiste présentement à la mise en place d'un support d'accueil de congrès et d'événements qui aura un statut officiel. Un peu tout le monde s'occupe de cet aspect de l'industrie présentement, mais il n'y a pas encore de chef de file comme tel.»

Collaborateur du Devoir

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