Jour du Souvenir - Les soldats morts en Afghanistan seront au coeur des cérémonies

La reine Elisabeth II s’est recueillie, hier, sur le Cénotaphe, à Londres, en mémoire des soldats britanniques morts au combat. Au Royaume-Uni, le Jour du Souvenir est célébré le dimanche le plus proche du 11 novembre.
Photo: Agence Reuters La reine Elisabeth II s’est recueillie, hier, sur le Cénotaphe, à Londres, en mémoire des soldats britanniques morts au combat. Au Royaume-Uni, le Jour du Souvenir est célébré le dimanche le plus proche du 11 novembre.

Ottawa — Chaque jour qui passe est un Jour du Souvenir pour Doreen Coolen, la mère de Richard Green, l'un des quatre soldats canadiens qui ont perdu la vie en Afghanistan en avril dernier.

Six mois après la tragédie, cette mère de Hubbards, en Nouvelle-Écosse, qui a perdu son seul fils âgé de 21 ans, ne peut pas encore croire qu'il ne reviendra plus jamais à la maison.

En mémoire de ce fils, Mme Coolen viendra déposer une couronne de fleurs à l'occasion de la cérémonie nationale marquant le Jour du Souvenir à Ottawa. La femme de 40 ans, qui s'est vu décerner la Croix d'argent nationale pour les mères en 2002, représentera toutes les mères qui ont perdu des fils ou des filles dans l'armée ou la marine marchande du Canada.

Sa présence viendra également souligner qu'une nouvelle génération de soldats sont morts au combat. Alors que les anciens combattants des deux guerres mondiales et de la Guerre de Corée disparaissent l'un après l'autre, l'engagement des Forces armées canadiennes en Afghanistan vient rafraîchir la mémoire des soldats morts pour leur pays.

Quatre soldats canadiens sont morts en Afghanistan après qu'un avion américain eut jeté une bombe sur leurs positions. À ce moment, les soldats canadiens effectuaient un exercice de tir en pleine nuit et le pilote américain, n'étant pas au courant de cet exercice, s'est cru attaqué par des forces ennemies.

Au total, plus de 104 000 Canadiens sont morts au combat lors de différents conflits, notamment durant la bataille de la crête de Vimy et sur les plages de Dieppe, pendant les deux guerres mondiales.

Des héros

«Je ne sais pas comment on peut comparer les combats en Afghanistan à ceux qui ont eu lieu sur les plages normandes ou à travers l'Europe. Il n'y a pas de comparaison possible, mais pour moi ce sont des héros», affirme le sergent Lorne Ford, l'un des huit soldats canadiens qui ont été blessés par l'explosion de la bombe, en parlant de ses compagnons d'infortune.

«Ce n'est pas une guerre comme les autres, estime Allan Parks, président de la Légion royale canadienne. Mais le travail qu'ils ont fait était dangereux. Ce sont des anciens combattants.»

«C'est extrêmement important qu'on se rappelle d'eux, comme on le fait pour ceux qui sont morts dans la Guerre des Boers, la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la Guerre de Corée, dit-il. Ces gens se sont sacrifiés pour que nous ayons un avenir et que nous puissions vivre en paix.»

L'auteur et historien Jack Granatstein n'est guère optimiste cependant de voir l'engagement canadien en Afghanistan ranimer l'intérêt du public pour les cérémonies du Jour du Souvenir ou même pour les Forces armées canadiennes.

Selon lui, l'histoire démontre que le Canada tend à négliger ses forces armées.

La faute en revient aux gouvernements qui ne semblent pas voir d'intérêt à faire de l'enseignement de l'Histoire un sujet obligatoire dans les écoles, croit M. Granatstein.