Discrimination en raison de l'origine ethnique - Une première plainte contre Bell Helicopter

Une première plainte de discrimination raciale contre Bell Helicopter sera déposée d'ici vendredi à la Commission des droits de la personne. Selon la plainte faite au nom de Jaime Vargas, un Vénézuélien d'origine et ancien stagiaire de l'entreprise en aérospatiale se disant victime du règlement ITAR, le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) réclame 110 000 $ en dommages matériels et moraux.

La politique ITAR (International Traffic in Arms Regulations) est un ensemble de règles de sécurité qui sont imposées aux entreprises canadiennes ayant des contrats avec les États-Unis et qui visent à empêcher que des informations ne tombent entre les mains de certains pays ennemis. Ces mesures interdisent l'accès à certains produits, services, données et postes à des employés canadiens ayant une double nationalité s'ils sont originaires des 25 pays figurant sur la liste dont le Venezuela, la Chine et le Liban.

Au Québec depuis dix ans, M. Vargas, diplômé de l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal, est un résident permanent en voie d'obtenir sa citoyenneté canadienne. Alors en stage chez Bell Helicopter Textron à l'été 2006, il affirme avoir été tenu à l'écart d'une séance de formation pour un logiciel à cause de l'ITAR et il dit avoir été subitement remercié de son stage sans motif valable. Son renvoi aurait coïncidé avec l'ajout du Venezuela à la liste des pays visés par la politique ITAR.

Vingt-quatre employés de l'entreprise de Mirabel avaient aussi été mis de côté, après que l'armée américaine eut refusé une dérogation à cette réglementation au début du mois de janvier. Le premier ministre du Canada s'était alors montré préoccupé et avait promis de poursuivre les discussions pour régler cette situation.

«Le règlement ITAR crée une nouvelle génération de Maher Arar au Canada, des honnêtes citoyens qui sont désormais considérés par une autorité étrangère comme un risque pour la sécurité nationale et qui sont transformés en des ennemis dans leur propre pays», a déclaré le directeur général du CRARR, Fo Niemi. Ayant déjà obtenu l'appui des partis d'opposition, le CRARR fait actuellement pression auprès du gouvernement fédéral pour que celui-ci agisse dans le dossier. Il a également sollicité l'appui des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) et de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) afin de créer un plan d'action visant à défendre les droits de la personne dans l'industrie aérospatiale.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de défense, Denis Coderre, déplore le fait qu'il n'y a pas d'exemption, concernant cette mesure, pour les citoyens canadiens ayant la double nationalité. «Ce qui est grave, c'est que les entreprises vont faire un choix entre le contrat et les employés. On est à la merci de ces mesures protectionnistes et discriminatoires», a-t-il souligné.

M. Niemi souhaite qu'une enquête plus large soit amorcée sur les pratiques d'embauche de l'ensemble des travailleurs du secteur de l'aérospatiale. «On veut qu'on réfléchisse sur comment on peut tenir compte des droits de la personne pour assurer que les normes de sécurité américaines ne contreviennent pas à la souveraineté de notre pays», a-t-il ajouté.

Lorsqu'elle sera saisie de l'affaire, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse devra d'abord étudier le dossier en profondeur, pour ensuite déterminer si la plainte est recevable. «On suit aussi de très près un cas de discrimination impliquant General Motors Defense, qui est actuellement devant le tribunal des droits de la personne en Ontario. Ça risque de créer un précédent pour le Québec», a conclu M. Niemi.
1 commentaire
  • Sonia Trépanier - Abonné 7 février 2007 14 h 19

    Pas à pas (le fameux "Step by step" de M. Kissinger)

    Monsieur Michel Chossudovsky le 1 décembre 2004 («L'aut'journal») ecrivait:

    "Le monde est à l'aube d'une des crises les plus sérieuses de l'histoire moderne. Les États-Unis ont lancé une aventure militaire qui menace l'avenir de l'humanité. Ils ont élaboré un projet de conquête et de domination à l`échelle planétaire. Le Canada se trouve en quelque sorte sur la frontière immédiate du « centre de l'empire ». Le contrôle territorial du Canada fait partie du projet géopolitique et militaire des États-Unis. Les libéraux ainsi que l'opposition du Parti conservateur ont endossé le projet militaire des États-Unis. En appuyant l'intégration des deux pays dans les sphères de la défense, de la sécurité intérieure, de la police et du renseignement, le Canada ne devient pas seulement un membre en règle de la « coalition » de George W. Bush. Il participera directement, à travers des structures de commandement militaire intégrées, au projet de conquête des États-Unis en Asie centrale et au Moyen-Orient, incluant le massacre de civils en Irak et en Afghanistan, la torture de prisonniers de guerre, l'établissement de camps de concentration, etc."

    Ça vous rappelle quelque chose cet extrait, à la lumière des recents "main mise" des americains dans nos affaires?