Recours collectif de joueurs pathologiques contre la société d'État - La loterie vidéo est sans danger, plaide Loto-Québec

Loto-Québec rejette la responsabilité du jeu pathologique sur sa clientèle qui utilise les appareils de loterie vidéo (ALV) «volontairement et en toute connaissance de cause».

C'est ce qui ressort de la défense que la société d'État a déposée vendredi dernier devant la Cour supérieure concernant le recours collectif mené par des joueurs pathologiques. Pour Loto-Québec, les ALV sont des machines inoffensives qui ne comportent aucun défaut de sécurité ni vice de construction. «Leur usage ne présente aucun risque ou danger pour l'usager ordinaire qui s'adonne au jeu de façon normale», affirme Loto-Québec.

Or le document n'explique en rien ce qu'est un «usager ordinaire» ni ce que signifie le fait de jouer «de façon normale». Il est toutefois indiqué que «la très grande majorité des personnes qui s'adonnent aux jeux de hasard, et plus particulièrement qui utilisent les ALV de Loto-Québec, le font strictement pour le plaisir et ne subissent aucune conséquence fâcheuse de cet usage».

La poursuite estime au contraire que les ALV ont été conçus expressément pour attirer les joueurs pathologiques ou ceux à risque de le devenir. On allègue que Loto-Québec connaissait ce danger et n'a fait aucun effort pour mettre en garde sa clientèle.

Loto-Québec maintient que les ALV fonctionnent comme prévu, sans «risque ou danger», mais dit du même souffle qu'elle a tout de même pris des mesures pour contrer les problèmes de jeu. La société d'État affirme même avoir été à l'avant-garde en matière de sensibilisation et de prévention du jeu pathologique.

Avant que le recours collectif des joueurs pathologiques ne soit déposé en 2001, c'est-à-dire entre 1995 et 2001, Loto-Québec a accordé près de cinq millions de dollars en subventions pour la recherche sur le jeu excessif. Pour la période entre 2001 et 2006, soit après que fut dénoncé en cour le fait que Loto-Québec n'affichait pas de mise en garde sur les ALV, la société d'État a alloué 133 millions aux programmes d'aide aux joueurs excessifs ainsi que pour la promotion du jeu responsable.

L'enjeu du recours collectif des joueurs pathologiques se compte en centaines de millions de dollars pour Loto-Québec. Au total, 119 000 personnes devenues dépendantes des ALV sont inscrites dans ce recours collectif et réclament de Loto-Québec le remboursement de leurs frais de thérapie (4863 $). De plus, une somme de 1000 $ par joueur est demandée à titre de dommages punitifs, ce qui servirait notamment à subventionner la recherche et la prévention du jeu pathologique.

Pour étayer sa défense, Loto-Québec cite les résultats d'une enquête réalisée par l'Institut national de santé publique et l'Université Laval, Comportements de jeu et jeu pathologique selon le type de jeu au Québec en 2002. Ainsi, la société d'État rappelle que «la prévalence courante du nombre de joueurs pathologiques probables dans la population adulte est passée de 1,0 % à 0,8 % en 2002, malgré la progression du chiffre d'affaires de Loto-Québec qui a augmenté, quant à lui, de 42,3 %».

Le sociologue Serge Chevalier, spécialiste des questions de jeu et l'un des auteurs de cette étude, soutient que l'affirmation de Loto-Québec est rigoureusement vraie bien qu'une telle statistique noie le problème de jeu dans l'ensemble de la population. Selon M. Chevalier, il serait plus juste de considérer les seuls joueurs d'ALV. De ce groupe, 13 % développent des problèmes de dépendance.

Après cinq ans de démarches juridiques, le procès devrait débuter en septembre prochain.
1 commentaire
  • Maurice Monette - Inscrit 7 février 2007 15 h 11

    Bien que je sois pas joeur, le fait de "jouer" est un "LIBRE-CHOIX" des joeurs(es), donc...

    Donc, personne ne peut tenir "LOTO-QUÉBEC" responsable de sa DESCENTE aux ENFERS du JEU PATHOLOGIQUE car, chacune et chacun d'entre-NOUS avons un "LIBRE-ARBITRE" que NOUS devons tenter de "MAÎTRISER"...

    C'est d'ailleurs pour cette raison ( entre autres ) que NOUS NOUS incarnons régulièrement sur cette "TERRE d'ÉMERAUDE" soit, pour venir AFFINER l'utilisation de CELUI-CI. Bien des domaines LE mettent à l'ÉPREUVE soit, la vie sociale de tous les jours où NOUS sommes en perpétuellement en INTER-RELATION avec nos PROCHES et moins proches. Plus intimement, la CAPACITÉ de MAÎTRISER sa façon d'agir, d'être, de comprendre, de ressentir de l'empathie, etc., etc., etc... avec les membres de sa propre famille.

    Bref, la pathologie face aux JEUX de HASARD est une MALADIE possiblement SOURNOISE mais, il demeure que ce n'est PAS tous les gens qui "jouent" qui se laissent sombrer dans les DÉDALE$ de CELLE-CI donc, pourquoi accuser "LOTO-QUÉBEC" des faible$$e$ de cette petite portion de joueur$(e$) ACCRO$...?

    En somme (sans jeu de mots), allons-NOUS bannir tout ce qui peut susciter une quelconque forme de DÉPENDANCE INOFFENSIVE pour la $ociété Humaine $aine, pour prémunir une MINORITÉ contre ELLE-MÊME...?

    Personnellement, je crois que NOUS n'avons pas à défrayer les COÛT$ de GUÉRISON de ce genre de MALADIE parce que, c'est une ÉPREUVE PERSONNELLE pour acquérir plu$ de MATURITÉ. Ce qui est LE BUT que NOUS avons accepté d'essayer d'atteindre en faisant le "LIBRE-CHOIX" de venir NOUS RÉ-INCARNER, en particulier à cette époque apocalyptique-ci...