Des autobus hybrides rouleront à Montréal et Gatineau

À l'heure où les scientifiques de la planète sonnent l'alarme sur l'ampleur du réchauffement climatique, les sociétés de transport de Montréal et de l'Outaouais se préparent à intégrer des autobus hybrides, fonctionnant à l'électricité et au diesel, dans leur flotte.

Une entente entre les deux ordres de gouvernement et les sociétés de transport est sur le point d'être conclue pour financer l'acquisition de ces autobus hybrides, selon les informations recueillies par Le Devoir.

Si les fonds sont débloqués par Québec et Ottawa, la Société de transport de Montréal espère faire l'acquisition de huit autobus hybrides d'ici la fin de l'année, tandis que la Société de transport de l'Outaouais (STO) compte en intégrer deux dans son service.

Ces autobus coûtent environ 700 000 $, comparativement à quelque 450 000 $ pour un autobus conventionnel. L'électricité est produite lors du freinage du véhicule et utilisée surtout lors de l'accélération, son efficacité est donc à son maximum lorsqu'il est employé sur un circuit où il y a de nombreux arrêts. Novabus estime que son modèle du nom de LFS HEV permet de réduire jusqu'à 90 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) lorsqu'il est en mode hybride (à basse vitesse).

Déjà, la STO a pris possession du tout premier autobus hybride de la firme Novabus le mois dernier. «L'autobus est au garage, on attend la conclusion de l'entente pour le mettre sur la route. On espère qu'il pourra s'inscrire dans le cadre de l'entente», explique la porte-parole de la STO, Céline Gauthier.

Le dossier est encore sur la table de travail du ministère des Transports, mais on n'est pas en mesure de préciser l'ampleur de la contribution financière en jeu pour le gouvernement du Québec, qui s'ajouterait à celle du fédéral. «On devrait être en mesure de procéder à une annonce dans ce dossier sous peu. [...] C'est un dossier important pour le ministre, dans le contexte du développement durable», affirme l'attachée de presse du ministre Michel Després, Josée Delisle. Elle précise que l'entente pourrait concerner d'autres sociétés de transport que celles de Montréal et Gatineau.

Ce n'est pas la première fois que ces deux sociétés de transport parlent de se mettre au vert. Un projet de plus de 30 millions avait été accepté par Transport Canada en 2003, qui prévoyait l'achat de 11 autobus hybrides articulés pour Montréal et de 12 autres véhicules hybrides conventionnels pour Gatineau. Mais le projet ne s'est jamais concrétisé et le gouvernement fédéral a revu les montants à la baisse. «En 2003, le projet était beaucoup plus gros», reconnaît la porte-parole de la STM, Marianne Rouette, qui ne peut expliquer pourquoi ces 11 autobus n'ont pu entrer en fonction en 2005 comme prévu, sur le circuit 105 de la rue Sherbrooke.

Quoi qu'il en soit, les sociétés de transport ont dû revoir leur projet à la baisse et elles attendent maintenant l'imprimatur, imminent, des gouvernements. «Quand la décision sera connue, on saura combien on pourra acheter de véhicules hybrides et quel type. On va savoir aussi quand ils pourront être disponibles; ils ne sont pas dans une cour à nous attendre», note Mme Rouette.
2 commentaires
  • Sonia Trépanier - Abonné 3 février 2007 13 h 10

    La nécessité est la mère de l'invention...

    Italien, le dernier été je suis allé faire un tour à Rome question de revoir ma parenté.

    Le maire de Rome, de gauche (il faut le dire?), vu que la décision du retour au trolleybus avait été retardée avec toute sorte de prétextes de la part de l'opposition et jugeant urgent de soulager la ville « éternelle » de son smog envahissant, a trouvé le moyen de contourner pas mal d'obstacles soit politiques que de gestion pour accélérer la mise en oeuvre desdits trolleybus.

    Trouvaille géniale, si cela en étais une, le maire et son conseil ont fait commencer les travaux d'installation des deux câbles aériens nécessaires pour que les trolleybus puissent accrocher leurs deux patins au bout des les deux barres d'alimentation du trolleybus. Évidemment, ces travaux vont durer des années pour une ville « difficile » comme Rome qui nécessite de toutes sortes de précautions pour ne pas endommager les nombreux artefacts historiques et d'art anciens qui jonchent la ville. Que cela ne tienne! La trouvaille à la hauteur du génie italien (la nécessité est la mère de l'invention...) a été de demander à la compagnie productrice des trolleybus de lui construire des trolleybus spéciaux.
    Ces trolleybus sont spéciaux dans le fait que sont de trolleybus (électriques comme tous les trolleybus) là où les lignes électriques d'alimentation aérienne sont disponibles et là où les lignes électriques ne sont pas encore disponibles, baissent leurs deux barres d'alimentation (opération rendue automatique par le pressage d'un bouton au poste de conduite), allument le moteur diesel (un très « normale » moteur diesel qu'alimente un groupe électrogène pour alimenter le trolleybus) et continuent la course comme si rien ne s'était passé.

    Le système fonctionne à la grandeur de Rome, avec priorité sur les lignes du centre ville, et au fur et à la mesure que le réseau d'alimentation sera complété, les trolleybus n'auront qu'être allégés de leur groupe électrogène).

    Peut-on suggérer à notre compagnie Bombardier de se préparer à une requête semblable de la part de nos élus?

  • Fernand Trudel - Inscrit 3 février 2007 14 h 16

    Enfi, il y a de l'action...

    En 2003, un projet accepté par "Transport Canada" ne s'est jamais concrétisé et le gouvernement fédéral a revu les montants à la baisse.

    Pourtant Stéphane Dion avait toute la latitude d'agir en 2003 et Harper n'avait pas le pouvoir de lui couper ce projet. Pourquoi n'a t'il pas décidé à ce moment sachant qu'il retardait délibérément la lutte aux GES qui lui est si chère...

    Ici, à Québec, un projet de 11 millions pour des minibus écologiques dans les vieux murs est resté en plan depuis 2003. Pourtant le RTC était prêt et l'est toujours pour aller de l'avant. Encore là, la Ville qui a vu grandir Stéphane Dion attend toujours et se demande pourquoi il n'a pas pris de décisison en 2003...

    Est ce que cette nouvelle tentative sera la bonne ? C'est à espérer car ce sont des gestes concrets pour stabiliser les GES.