Demande d'extradition - Karlheinz Schreiber perd une autre bataille

Ottawa — Le long combat mené par Karlheinz Schreiber afin d'empêcher son extradition en Allemagne va se poursuivre pendant encore au moins une ronde ou deux, en dépit du dur coup porté hier par la Cour suprême du Canada.

Le plus haut tribunal au pays a rejeté la demande d'appel de l'homme d'affaires canadien et allemand. Comme cela est la coutume, il n'a pas précisé les raisons ayant motivé son refus.

Schreiber, recherché par la justice allemande qui l'accuse d'évasion fiscale, de fraude et de corruption, a cependant l'intention de faire valoir devant la Cour d'appel de l'Ontario qu'il n'a pas profité d'un procès juste en raison de remarques qu'il prétend préjudiciables faites à son sujet par un porte-parole d'un tribunal allemand, en mars.

Arrêté il y a plus de sept ans, Schreiber a été actif au sein de groupes de pression, a été consultant et a été impliqué dans des ventes d'hélicoptères, d'avions de ligne Airbus et d'armes.

En 2004, le Canada a ordonné son extradition en Allemagne, dont les autorités l'accusent d'évasion fiscale concernant des commissions secrètes de plus de 46 millions de dollars obtenues pour avoir servi d'intermédiaire dans le cadre de diverses transactions.

Schreiber avait été libéré sous caution moyennant le versement d'une somme de 1,3 million de dollars, mais il a passé la nuit de mercredi à hier dans une prison de Toronto, en attendant la décision de la Cour suprême.

Il demeurera en état de détention au moins jusqu'à la tenue d'une enquête sur cautionnement, la semaine prochaine.

Schreiber est devenu connu au Canada en raison d'allégations de paiements illégaux relativement à l'achat en 1988 de 34 avions de ligne à réaction Airbus par Air Canada, alors société d'État. Aucune accusation n'a été portée.

Il a par la suite été révélé que Schreiber a remis à l'ancien premier ministre Brian Mulroney — aujourd'hui conseiller du gouvernement de Stephen Harper — 300 000 $ en plusieurs versements ayant débuté en 1993, peu après qu'il eut quitté ses fonctions.

Un porte-parole de M. Mulroney a indiqué que cette somme lui avait été versée en guise d'indemnité pour l'aide accordée afin d'assurer la promotion de l'entreprise de pâtes alimentaires de Schreiber et pour avoir favorisé des rencontres avec des dirigeants d'affaires internationaux.