Greenpeace réclame un moratoire sur l'exploitation de la forêt boréale

Au moment où Québec songe à baisser la garde en matière d'aires protégées, Greenpeace Québec a réclamé hier du gouvernement Charest un moratoire d'une durée indéterminée sur ce qui reste de forêt boréale intacte dans les zones à valeur commerciale, ce qui représenterait un arrêt de la coupe forestière sur 15 % de cette forêt nordique.

C'est avec un concert de scies mécaniques polluantes, dont les décibels rageurs chahutaient devant l'Assemblée nationale, que Greenpeace Québec a tenté hier par ce coup médiatique de se faire une place dans le débat sur la forêt, derrière les pionniers du dossier comme l'Action boréale de Richard Desjardins et la coalition Aux arbres, citoyens!, qui regroupe Nature Québec, la Société pour la nature et les parcs (SNAP) et le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE). Le siège social canadien de Greenpeace, à Toronto, a en effet décidé d'accorder un budget à sa section québécoise pour qu'elle amorce ici une campagne sur la protection de la forêt boréale, ce qui lui permet de consacrer notamment une ressource à plein temps à ce dossier.

Le groupe environnementaliste canadien, qui a décidé de faire bande à part des autres acteurs québécois qui ont porté ce dossier à bout de bras pendant des années, voudrait rééditer l'exploit des groupes environnementaux de l'Ouest canadien, qui ont obtenu la protection de la forêt de l'Ours, en Colombie-Britannique, et des fonds totalisant 120 millions pour la mettre en valeur. Il a fallu une entente négociée pendant des années entre les divers groupes écologistes et les gouvernements d'Ottawa et de la Colombie-Britannique pour éviter à cette grande forêt vierge d'être rasée.

Pour Mélissa Filion, nouvelle porte-parole de Greenpeace dans le dossier boréal québécois, Québec doit déterminer scientifiquement et de façon tout à fait indépendante ce qui doit être protégé dans notre forêt boréale restante avant d'autoriser d'autres coupes sur les 113 000 km2 à valeur commerciale et les 180 000 km2 au nord de la limite nordique des coupes.

Mme Filion a rappelé que seulement 3,4 % du territoire québécois est protégé conformément aux normes de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et que ce pourcentage ne dépasse pas 2,9 % en forêt boréale, au sud de la limite nordique.

Tous les groupes écologistes mobilisés dans ce dossier réclament depuis des années du gouvernement Charest qu'il respecte notamment la recommandation de la commission Coulombe, qui lui accordait jusqu'au 31 décembre dernier pour protéger 8 % du territoire québécois, dont les principales zones forestières boréales. À Québec, on voudrait plutôt abandonner la partie, à moins que les écologistes ne ferment pudiquement les yeux sur des entorses aux normes internationales que respectent pourtant le Canada et d'autres provinces comme l'Ontario. Cette dernière province s'achemine même vers l'atteinte de la nouvelle norme de protection, qui doit soustraire à l'exploitation commerciale 12 % du territoire d'ici 2010.
2 commentaires
  • Fernand Trudel - Inscrit 1 février 2007 10 h 47

    Le reboisement qui se fait est la solution

    Nonobstant Desjardins et Guilbault, des travaux de reboisement se font par tous les exploitants forestiers. J'ai visité des coopératives forestières et des compagnies papetières exploitant la forêt et je suis assuré qu'ils reboisent et que les coupes sont de plus en plus sélectives et encadrées par des ingénieurs forestiers. Desjardins est un folkloriste...

    La coupe d'arbres mature qui n'exercent plus leur fonction de poumon et de capteur de CO2 est justifiée et permets avec le reboisement une regénérescense de nos forêts. Un arbre mort qui tombe de vieillesse produit du méthane encore plus dommageable que le CO2, Greenpeace devrait savoir ca eux qui sont les experts de Kyoto...

    Le récolter à sa maturité témoigne d'une saine gestion de nos forêts et c'est ce que le reportage de l'association des exploitants forestiers et de l'ex ministre Guy Chevrette a démontré en nous faisant voir les régions dénoncées par Desjardins dix ans après. On a vu que la forêt reprendre vie et servir à nouveau de poumon absorbant le CO2. A mon avis Richard Desjardins devrait retourner composer des chansons car c'est le seul talent qu'il a.

    Quand à Steven Greenpeace Guilbault, plus on va l'écouter plus on va s,apercevoir que son discours est biasisé et partisan politiquement. Comment ca, qu'il ne se scandalise pas qu'Hydro Québec leur cède gratuitement un terrain de 1,3 millions dans le centre-ville de Montréal ?

    Près de 400 citoyens de Sydney, en Nouvelle-Écosse, intentent une poursuite contre d'anciens propriétaires de l'aciérie Sydney Steel et des fours à coke. Ils réclament une compensation pour la pollution causée par ces industries durant plus d'un siècle. Les plaignants veulent poursuivre le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement fédéral et d'autres anciens propriétaires de l'aciérie et des fours à coke. L'avocat Ray Wagner soutient que les propriétaires de ces industries savaient qu'ils contaminaient l'environnement, mais qu'ils n'ont jamais pris de mesures pour protéger les gens habitant dans les environs. Il essaye donc de convaincre la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse d'entendre un recours collectif. Et ce n'est pas nouveau car en 1994, il y a eu un incendie de BPC à la Sydney Steel. Ou étaient nos deux compères Dion et Guilbault tout ce temps ? ? ?

    .Harper lui a réagi positivement au lieu d'ameuter la population. Ainsi Radio-Canada a annoncé que des ministres du gouvernement du Canada et du gouvernement de la Nouvelle-Écosse ont fait une annonce conjointe concernant le Projet d'assainissement des étangs bitumineux et des fours à coke de Sydney le 28 janvier 2007. Guilbault et Dion n'en n'ont pas soufflé mot. Je suis de plus en plus convainçu que Steven Guilbault fait de l'activisme politique partisan à la veille des élection car Stéphane Dion ne se gêne plus pour en faire son principal conseiller. Entre temps, Kyoto se fait hara-kiri...

  • Maurice Monette - Inscrit 1 février 2007 16 h 00

    Ce dont on ne semblent pas tenir compte, c'est le DEGRÉ de MATURITÉ des forêts exploitées

    Loin de moi l'idée de "brouiller les cartes" mais, il faudrait justement que ces Ingénieurs Forestiers dont Monsieur Trudel parle, HÉ BIEN , qu'ils sortent de leurs antres et expliquent aux protestataires qu'une certaine discrimination peut être faite quand Ils décident d'exploiter une forêt. Soit, les arbres ayant atteint un certain degré de MATURITÉ devraient être ceux visés par l'exploitation. Mais, c'est beaucoup trop contraignant de ne récolter que les arbres des espèces de dernière regénération et ainsi, on préfèrent faire des RAZZIAS aveugles et tout détruire sur de grandes surfaces, arbres MATURES et toutes les pousses de première et de seconde regénérations qui les entourent.

    Donc, il y a des gens qui ne font pas leur travail pour que les arbres dont la maturité est atteinte soient les seuls récoltés et NOUS continuons à assister aux RAZZIAS qui motivent des Gens comme Messieurs Desjardins & les Groupes de GREENPEACE de défendre ces végétaux n'ayant pas eu le temps de s'établir en ÉCOSYSTÈME STABLE.