Rapport d'enquête - La loi 101 est respectée à Montréal, selon l'OLF

Québec — La loi 101 sur la langue française est largement respectée au centre-ville de Montréal. C'est la conclusion que tire l'Office québécois de la langue française après une intervention menée auprès de 2500 commerces.

Selon les résultats de ces interventions, l'accueil se fait en français dans 80 % de ces commerces du centre-ville, les services y sont offerts en français dans 90 % des cas et l'affichage commercial y est conforme à la loi dans 70 % des cas. La loi permet l'utilisation de l'anglais sur les affiches pour autant que le français y soit «nettement prioritaire».

C'est à la demande de la ministre responsable du dossier linguistique, Line Beauchamp, qu'à l'automne 2006 l'Office a effectué une visite de 2500 commerces au centre-ville de Montréal. La tournée a revêtu la forme d'une campagne de promotion visant à expliquer aux commerçants quelles sont les implications de la Charte de la langue française et quel est leur rôle dans la promotion du français.

«Ma conclusion, c'est que le français est dans une situation plutôt favorable et que nous devons lutter contre cette perception qui veut que l'anglais règne en maître au centre-ville de Montréal», a réagi la ministre Beauchamp devant la presse. Mais elle a aussi plaidé pour que chacun demeure vigilant. «Nous devons toujours continuer un travail de vigilance que requiert la protection du français. Vigilance des commerçants à respecter la loi. Vigilance des consommateurs à demander d'être servis en français et aussi vigilance de la part du gouvernement», a-t-elle dit.

Les agents de l'Office de la langue française ont visité les établissements commerciaux de moins de 50 employés situés le long des rues Sainte-Catherine, René-Lévesque, De Maisonneuve et Sherbrooke, entre les rues Papineau et Atwater.

La ministre Beauchamp a relevé que 30 % des commerces avaient des affiches qui n'étaient pas conformes à la loi et que 10 % des commerces étaient incapables d'accueillir leurs clients en français. «C'est pourquoi j'ai demandé à la présidente-directrice générale de l'Office [France Boucher] de me soumettre de nouveau un plan d'action pour la suite des choses, notamment de se pencher plus particulièrement sur des actions qu'elle pourra entreprendre pour s'attaquer de plus près à la question du respect de la langue d'affichage», a poursuivi la ministre.

Mme Beauchamp a noté que certains types de commerce ont plus de difficultés à respecter la loi, en particulier les commerces comportant peu de personnel. «Je pense ici tout particulièrement aux petits commerces, tabagies, dépanneurs, et également aux bars, et aux restaurants.» Plusieurs de ces petits commerces sont situés dans le quartier chinois de Montréal. «Il y a des difficultés particulières à s'assurer de l'application de nos dispositions quant à l'affichage commercial dans le quartier chinois. Je vous le dis: c'est vrai dans toutes les villes du monde.»