Les États-Unis veulent autoriser la vente d'aliments provenant d'animaux clonés

Washington — Les États-Unis pourraient devenir le premier pays du monde à consommer des produits alimentaires provenant d'animaux clonés après l'affirmation controversée du gouvernement qu'ils sont tout aussi bons que ceux d'animaux non modifiés génétiquement.

La viande ou le lait provenant d'animaux clonés peut être consommé sans danger, a affirmé hier l'autorité américaine de réglementation des médicaments et de l'alimentation (FDA), suscitant la colère d'associations de consommateurs.

Lors d'une conférence de presse, la FDA (Food and Drug Administration) a cité plusieurs études pour prouver que les produits issus d'animaux clonés et de leur descendance sont tout aussi bons à manger que ceux d'animaux non modifiés génétiquement.

«Sur la base de l'analyse de centaines d'études et de rapports sur la santé et la composition alimentaire des clones et de leur descendance, il a été déterminé que la viande et le lait d'animaux clonés et de leur descendance sont aussi propres à la consommation que la nourriture que nous mangeons tous les jours», a déclaré Stephen Sundlof, directeur du centre vétérinaire de la FDA.

«Le clonage ne présente pas de risques particuliers pour la santé des animaux comparativement à d'autres technologies de reproduction actuellement en usage dans l'agriculture américaine», a-t-il ajouté.

Toutefois, il est improbable que de la chair ou du lait d'animaux clonés se retrouve directement sur les tables des Américains. Le processus du clonage coûte cher. Les animaux qui en sont issus ne seraient donc pas destinés à la consommation. Ils seraient plutôt utilisés pour la reproduction. Il s'agirait, par exemple, de copier des taureaux reproducteurs de haut calibre, animaux qui valent des fortunes.

D'ici le printemps, la FDA devra procéder à une période de consultation de 90 jours auprès de la population. La date limite de ce processus a été fixée au 2 avril et la décision de commercialiser les produits devrait être prise avant la fin de l'année 2007, selon M. Sundlof.

La levée du moratoire, imposé il a trois ans, ferait des États-Unis le premier pays du monde à mettre sur les étagères de ses supermarchés des produits alimentaires à base d'animaux clonés.

Les responsables de la FDA ont indiqué ne pas avoir encore décidé si ces produits seraient accompagnés d'un étiquetage spécial. «Nous prendrons notre décision à ce sujet après avoir passé en revue les commentaires» de consommateurs, a précisé Stephen Sundlof.

Des groupes d'associations de consommateurs ont d'ores et déjà critiqué la décision de la FDA, en relevant que des sondages indépendants montraient que 60 % des Américains s'opposaient au clonage d'animaux et n'achèteraient pas leur viande ou leur lait issus d'animaux clonés, même si le gouvernement assure que leur consommation est sans danger.

«Nous pensons que c'est une très mauvaise décision», a déclaré Carol Foreman, responsable des questions alimentaires à la Fédération américaine des consommateurs. «Nous demandons instamment au public d'écrire à la FDA et aux membres du Congrès pour leur demander de faire marche arrière.»

Elle a indiqué que, dans le cas contraire, des groupes de consommateurs feraient campagne auprès des magasins pour qu'ils ne vendent pas de produits issus d'animaux clonés.

Mme Foreman a accusé le gouvernement de ne pas tenir compte délibérément des études scientifiques montrant que la gestation d'animaux génétiquement modifiés se terminait souvent en avortements spontanés et que de nombreux animaux clonés souffraient de déformation et ne parvenaient pas à l'âge adulte.

Dix ans après la naissance de la brebis Dolly, premier clone obtenu à partir d'une cellule d'un animal adulte, la technique du clonage est utilisée aujourd'hui pour le bétail, les chevaux, les cochons et d'autres mammifères.

On estime qu'il existe actuellement de 500 à 600 vaches clonées aux États-Unis, sur un cheptel total de 44 millions de têtes. On compte environ 200 porcs clonés.