Alimentation - Québec se donne un outil pour mesurer l'humeur des consommateurs

Dis-moi ce qui t'inquiète et je dirai à l'industrie comment réagir. Pour aider les entreprises à composer avec les hauts et les bas des consommateurs exposés à des crises touchant leur alimentation, Québec a décidé de sortir l'artillerie lourde. Dans les prochains mois, le gouvernement compte en effet mettre en place le tout premier baromètre québécois pour mesurer la perception des «citoyens-consommateurs» au sujet des «activités bioalimentaires». L'objectif est clair: tirer profit de ces coups de sonde réguliers pour minimiser les pertes économiques liées aux changements brusques des habitudes de consommation.

Toujours sur les planches à dessin, la première version de ce baromètre devrait voir le jour dans le courant du printemps. Dans les grandes lignes, il vise à mesurer, par sondage téléphonique, l'opinion que se forgent les Québécois sur différents aspects du monde de l'alimentation: gras trans, organismes génétiquement modifiés (OGM), maladies du bétail, traitement réservé aux animaux, respect de l'environnement par les agriculteurs, présence de mauvaises bactéries dans la nourriture. Entre autres choses.

Cet instrument de mesure compte également prendre le pouls de la population sur des questions d'ordre économique. La place qu'occupe l'activité agricole dans la société ou encore l'image que se font les consommateurs de l'industrie agro-alimentaire seront ainsi au menu.

«C'est une première au Québec», a résumé hier en entrevue au Devoir Gale West, chercheuse à l'Université Laval qui pilote la mise en place de ce «baromètre des perceptions du citoyen-consommateur». Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) est à l'origine du projet. «Nous nous posons beaucoup de questions sur notre alimentation ici, et un outil comme celui-là manquait.»

L'appréciation des perceptions doit permettre à terme de mieux «suivre les tendances», ajoute-t-elle, mais aussi de «prévoir les changements de comportement» des consommateurs. Changements alimentés par les craintes ou les désirs qu'ils expriment.

Dans le secteur de l'alimentation, un renversement soudain des habitudes de consommation — acheter moins de poulet ou plus d'eau, par exemple — peut entraîner dans un milieu des pertes ou des gains de plusieurs millions de dollars, et ce, en touchant à peine 5 % de la population. Actuellement, Québec songe sortir son baromètre tous «les trois ou cinq ans», dit la chercheuse, afin de sentir l'air du temps dans le secteur agro-alimentaire et prévoir la météo future.

«Les grandes entreprises ont des outils pour sonder les envies et les peurs des consommateurs, dit Mme West. Mais elles gardent les données pour elles. Les informations générées par ce baromètre doivent être publiques. Cela va aider les PME, qui n'ont pas les moyens de le faire en ce moment, d'être à l'affût des comportements et des opinions» dont la valeur sur des marchés mouvants est inestimable.
 
2 commentaires
  • Marie-Josée Guay - Inscrite 19 décembre 2006 06 h 47

    Alimentation, Québec se donne un outil pour mesurer l'humeur des consommateurs

    Bonjour, je suis productrice agricole. En premier lieu c'est d'informer les consommateurs de la provenence des produits. Avoir un étiquetage bien clair des produits du Québec ou Canada. Moi manger des cornichons de l'Inde arroser avec des produits chimiques qui sont abolis depuis 20 ans ici, parceque ils sont cancérigènes sa fait peur. La loi sur l'agence des inspections des aliments n'a pas changé depuis 1944, il faudrait peut être commencer par le début faire entré au Canada des produits étrangés avec les même normes que nous les producteurs Canadiens ont a suivre. Nous comme producteurs nous savons quoi acheter mais le consommateurs est très peu renseigner sur ce sujet.

    Merci une agricultrice qui veut rester en production

  • Marc-André Morency - Inscrit 21 décembre 2006 11 h 20

    Éliminer les msg

    Il serait vraiment temps d'éliminer les glutamates (msg) qui se sont infiltrés partout. Sans compter les innombrables additifs chimiques. L'industrie agro-alimentaire est devenue une industrie chimique du haut en bas de la pyramide. Pas étonnant qu'une crise de confiance se soit produite à l'endroit de ces "aliments" du profit...

    Marc