Maladie de la vache folle - Les animaux d'une centaine de fermes ont consommé des farines contaminées

Le cheptel d'une centaine de fermes laitières du Québec et de l'Ontario a été exposé ces derniers jours à des aliments pour le bétail contaminés par des substances animales qui pourraient être à l'origine de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dite maladie de la vache folle. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a d'ailleurs ouvert une enquête visant à identifier les bovins entrés en contact avec cette nourriture contaminée et compte se prononcer sur leur sort dès la semaine prochaine.

Cette contamination se serait produite le 31 octobre dernier. Près de 400 tonnes de farine de sang, un aliment largement utilisé pour nourrir les bovins laitiers, ont accidentellement été mises en contact avec des résidus de farine de viande et d'os de ruminants lors d'un transport par train dans un «wagon mal nettoyé», a expliqué hier Charles Lapointe, président d'Agribrands Purina Canada, l'entreprise qui a distribué cette farine jusqu'au 14 novembre dernier dans l'ouest du Québec et l'est de l'Ontario.

Trente fermes au Québec

Au total, 113 exploitations agricoles, dont une trentaine au Québec, sont entrées en contact avec ces farines qui pourraient avoir été servies à près de 3000 bovins, estime à ce jour l'ACIA, qui prend l'affaire très au sérieux.

En effet, depuis 1997, le Canada a banni les farines animales et les farines d'os de ruminants du régime alimentaire des bovins. Motif? De telles farines sont tenues responsables de l'apparition de la maladie de la vache folle depuis le milieu des années 90 dans plusieurs troupeaux en Europe mais aussi au Canada où, depuis 2003, on a découvert sept bovins porteurs de cette maladie. Ces cas ont d'ailleurs entraîné un embargo aux États-Unis et au Japon sur le boeuf d'ici, dont l'impact financier a été néfaste pour la filière bovine canadienne.

Alertée par le fabricant de farine à la fin de la semaine dernière, l'ACIA a procédé à un rappel des aliments contaminés. «L'ensemble des lots a été récupéré», a indiqué hier lors d'un entretien avec Le Devoir Christiane Allard, vétérinaire à l'agence fédérale.

Parallèlement, l'organisme de contrôle de la salubrité des aliments au pays cherche à recenser les bêtes touchées par ces farines. La mesure devrait permettre de suivre leur déplacement au cours des prochains mois, voire des prochaines années. «Nous en sommes encore au stade d'analyser les risques. Tout devrait être complété la semaine prochaine», a poursuivi Mme Allard, qui exclut toutefois la possibilité d'ordonner l'abattage des animaux exposés à la nourriture prohibée.

Pour l'ACIA, l'exposition des bovins aux traces de farines de viande et d'os contenues dans les farines de sang n'aurait pas été suffisamment longue pour remettre en question l'innocuité et la salubrité du lait et de la viande de vache qui pourraient provenir des fermes où vivent ces bêtes. «Les mesures que nous avons prises sont des mesures de précaution, a dit la porte-parole de l'agence. Dans ce cas, nous sommes davantage inquiets de [la perte éventuelle] d'accès à des marchés étrangers.»

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