Autoroute et rond-point l'Acadie - Ménard justifie les dépassements de coûts

Si les travaux routiers sur l'autoroute Décarie et au rond-point l'Acadie ont connu d'importants dépassements de coûts, c'est parce que les travaux à effectuer étaient plus importants que ce qu'on avait prévu au départ, soutient le ministre des Transports, Serge Ménard. Le Parti libéral accuse quant à lui le gouvernement de laxisme dans l'octroi des contrats.

À la suite de la parution d'un article dans Le Devoir d'hier faisant état d'importants dépassements de coûts dans les projets de réfection de l'autoroute Décarie (180 %) et du rond-point de l'Acadie (75 %), les libéraux ont accusé M. Ménard hier d'être incapable de chiffrer correctement les travaux routiers d'importance. Ils lui ont reproché le fait que les travaux sur Décarie soient actuellement estimés à 100 millions plutôt que les 36 millions prévus et que la facture pour les travaux sur le rond-point l'Acadie frôlera bientôt les 100 millions alors qu'on avait d'abord planifié des débours de 58 millions.

En chambre, le ministre s'est défendu en disant que l'estimation des coûts des travaux sur l'autoroute Décarie avait été faite «dans une situation d'urgence: des blocs de béton s'étaient détachés de certains viaducs et avaient blessé des gens. Il a donc fallu faire une évaluation sommaire». Par la suite, «plutôt que de faire des travaux qui dureraient pendant dix ans, on a décidé d'en faire qui dureraient pendant 30 ans au moins, a-t-il évoqué. Et on a examiné d'autres structures pour trouver qu'il y avait des défauts qui risquaient aussi de les rendre dangereuses».

M. Ménard a précisé qu'une partie des dépassements de coûts était aussi attribuable aux augmentations qu'on observe actuellement dans les soumissions ainsi qu'à une inflation des coûts de construction.

Enfin, «les travaux étant plus importants, il était plus important de ne pas interrompre la circulation, a-t-il indiqué. Cela implique des travaux plus coûteux, parce qu'il y a moins d'heures par jour où on peut les faire et parce qu'il faut prendre plus de précautions pour maintenir la fluidité de la circulation».

Quant aux dépassements de coûts au rond-point l'Acadie, le ministre Ménard a expliqué que «dans ce cas-là, nous croyions que les anciens viaducs pouvaient supporter le flot de circulation temporaire pendant les travaux. Nous avons constaté que non, et il a fallu construire au-dessus de Décarie un pont temporaire».

Du reste, les coûts liés aux suggestions d'un audit de sécurité ont également fait augmenter le total, a conclu le ministre Ménard, qui a souligné que dans les deux cas cités par Le Devoir, la Ville de Montréal avait assumé une partie de la facture.