Une radiographie des sacs de bonbons d'Halloween

Après la traditionnelle équipée déguisée de ce soir, certains parents feront un saut chez le chiropraticien pour radiographier les sacs de bonbons d'Halloween, à la recherche de quelque dangereuse épingle ou lame de rasoir!

Drôle d'idée: pour calmer des parents inquiets, une dizaine de cliniques de chiropractie de la province armées d'appareils de radiographie passeront ce soir les sacs de friandises sous les rayons X, à la recherche de corps étrangers métalliques de type épingle, aiguille ou lame de rasoir.

«C'est notre manière de nous investir socialement», explique le Dr Christian Héroux, membre du Centre chiropratique de La Pinière et porte-parole de l'ensemble des cliniques qui ont accepté d'offrir gracieusement ce service à leur «collectivité». La clinique de Terrebonne est à l'origine de ce service qui a permis à 400 parents l'an dernier de laisser leurs enfants grignoter leurs sucreries l'âme un peu plus en paix. «Ça fait quatre ans que nous offrons ce service à nos clients, et nous n'avons jamais rien trouvé d'anormal», explique M. Héroux.

Pour acheminer cette invitation particulière aux parents, les cliniques ont utilisé le véhicule scolaire, avec la bénédiction des directions d'école ou des conseils d'établissement. Le sac d'école des petits a ainsi servi de courroie de transmission, ce que le porte-parole des cliniques de chiropractie n'assimile pas du tout à une opération publicitaire.

«Oyé oyé, le temps des déguisements et des sucreries est déjà presque arrivé. Comme il est très prudent et fortement recommandé de vérifier chacune de vos confiseries très soigneusement à la suite de votre cueillette, la clinique chiropratique Saint-Martin offre ses services à la collectivité en vous donnant la chance de faire radiographier votre sac de bonbons sans frais», affirmait-on dans un communiqué expédié dans des centaines de foyers de Laval grâce à la magie du sac d'école.

«On a entamé ça l'an dernier, et ç'a été très apprécié», explique le Dr François Auger, de cette clinique lavalloise, reconnaissant de bon gré que l'exercice fournit aussi une grande visibilité. «C'est évident que ça nous amène de la visibilité, mais ce n'est pas pour cela que nous le faisons», rétorque M. Héroux.

L'école, qui doit normalement être exempte de toute publicité, peut-elle se faire le porte-voix des commerces, même si ceux-ci offrent un service en apparence anodin? «Certaines écoles ne veulent pas qu'il y ait distribution d'annonces par le sac d'école», avoue M. Héroux.

À la Commission scolaire de Laval, on y perçoit une offre d'information et un service destiné aux parents. Le directeur d'une école primaire de Laval qui a accepté de diffuser le communiqué n'y a pas vu d'intention malicieuse. «J'ai vu là plutôt la diffusion d'un service qui pourrait bénéficier aux parents», explique Gaétan Pomerleau, directeur de l'école Le Sentier, à Laval.