Au nom de tous les nôtres

Forte de ses 49 161 membres, l'Association des retraitées et retraités de l'enseignement du Québec (A.R.E.Q.) compte non seulement défendre les droits de ses membres, mais aussi intervenir activement dans tous les dossiers touchant les retraités et les aînés au Québec.

«Notre mandat a quatre volets, explique Mariette Gélinas, présidente de l'A.R.E.Q., et la défense des droits de nos membres en constitue évidemment le premier. Mais nous avons aussi la mission d'exiger le droit de vieillir dans la sécurité et la dignité, de contribuer à la promotion des droits des femmes et des hommes retraités et de participer à la réalisation d'une société plus égalitaire.»

Les membres de l'A.R.E.Q. proviennent tous du monde de l'enseignement. On y compte majoritairement des enseignants et enseignantes à la retraite, mais d'autres professions reliées au monde de l'éducation y sont aussi représentées, comme les infirmières scolaires, les techniciens et le personnel de soutien. Un trait commun les unit cependant: ce sont tous des anciens syndiqués affiliés à la CSQ. Fait à noter, 68 % des membres sont des femmes. «Ce qui fait que les questions concernant la situation des femmes sont une priorité pour nous.»

La structure de base de l'A.R.E.Q. est le secteur. On en dénombre présentement 93 qui sont regroupés en 10 régions couvrant l'ensemble du territoire québécois. «Nous avons cherché avec cette structure à demeurer le plus près possible des milieux.» Le tout est chapeauté par un conseil d'administration provincial et un conseil exécutif. Deux fois l'an, les 93 présidents de secteur, les 10 conseils d'administration régionaux et les cinq membres du conseil exécutif se réunissent. Un congrès général réunissant entre 500 et 700 membres délégués a lieu tous les trois ans.

Services aux membres

Les services offerts aux membres par l'A.R.E.Q. sont multiples et peuvent être dispensés autant par les instances provinciales que par les régions et les secteurs. Par contre, deux champs d'action viennent en premier, soit la retraite et les assurances.

«Nous organisons plusieurs activités pour aider nos membres à bien préparer et bien gérer leur retraite, précise Mme Gélinas. Mais nous les représentons aussi lorsqu'il y a des litiges avec d'autres organismes, comme la CARRA.» Rappelons que la CARRA est la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurance qui a le mandat d'administrer les régimes de retraite et d'assurances qui lui sont confiés par le gouvernement du Québec.

De plus, une entente avec SSQ Groupe financier permet à l'A.R.E.Q. d'offrir à ses membres plusieurs produits d'assurance dont, entre autres, une assurance permettant de prolonger la durée de l'assurance collective au travail d'un membre maintenant à la retraite. «Nos membres peuvent aussi souscrire à des assurances maladie, des assurance vie et même des assurances voyages.»

L'A.R.E.Q. a aussi mis sur pied une série de comités provinciaux thématiques sur des sujets allant de l'action sociopolitique à la condition des femmes et des hommes en passant par l'environnement et les relations intergénérationnelles. Ces comités fouillent plus à fond certains dossiers et ensuite font des recommandations au conseil d'administration. «Cela nous permet de prendre position dans les dossiers qui touchent les retraités et de faire les représentations nécessaires auprès des instances appropriées. Cela nous permet aussi de participer adéquatement aux débats politiques.»

Sans négliger les services aux membres, cette dimension politique a une certaine importance pour l'A.R.E.Q.. «Nous sommes toujours membres de la CSQ. Nous avons donc toujours un pied dans l'actualité et l'autre dans le syndicalisme.» Parmi les dossiers jugés prioritaires, il y a celui de la protection et du maintien du pouvoir d'achat des personnes retraitées. «Nous militons activement pour l'indexation des régimes de rentes.»

La promotion des aînés

La promotion des aînés ainsi que leur apport à la société font partie des préoccupations fondamentales de l'A.R.E.Q. C'est la raison pour laquelle l'A.R.E.Q. est membre du Conseil des aînés et qu'elle siège aux Tables régionales de concertation des aînés.

«À mon avis, avance Mme Gélinas, les aînés ne sont pas tout à fait intégrés à la société. Nous ne sommes pas vraiment considérés comme des citoyens et des citoyennes à part entière. Il faut encore et encore démontrer que nous sommes toujours un apport positif pour la société.» Cette situation, selon elle, découle du fait que trop de personnes au Québec entretiennent des préjugés envers les personnes âgées.

«Il faut lutter de toutes nos forces contre ces préjugés.» Mais elle avoue que la lutte contre les préjugés représente une lourde tâche puisque ces derniers sont souvent fortement enracinés. À ce sujet, Mme Gélinas aime bien citer Albert Einstein. «Albert Einstein disait qu'il est plus difficile de désagréger un préjugé que de désagréger un atome.»

Mariette Gélinas souligne que le bénévolat est une importante contribution à la société qu'apportent les aînés. «De nombreux aînés font du bénévolat. Certains le font de façon organisée au sein d'organismes communautaires ou dans les hôpitaux, par exemple. Mais on oublie que les aînés font aussi beaucoup de bénévolat à l'intérieur de leur famille. Combien de grands-parents viennent en aide à leurs enfants, ne serait-ce qu'en gardant les petits-enfants?»

Ce qui l'amène à parler d'un autre sujet qui lui apparaît de plus en plus important: le sort fait aux aidants naturels. «La question des aidants naturels nous préoccupe beaucoup parce que nous avons constaté que beaucoup de nos membres se trouvent aujourd'hui dans cette situation. Plusieurs doivent prendre soin d'un conjoint ou d'une conjointe malade. Et dans les années à venir, cette situation risque de prendre encore plus d'ampleur.»

Mais il n'y a pas que le bénévolat. Selon Mme Gélinas, les aînés peuvent davantage contribuer à la société. «Il faut apprendre à profiter du savoir et des connaissances des aînés. Par exemple, les aînés peuvent parfaitement aider les entreprises de leur région par des conseils.» Aussi, les entreprises devraient faire appel davantage au mentorat. «On ne pense pas assez à des concepts comme la retraite progressive et le mentorat. Il faut trouver des façons de mieux aménager les fins de carrière.»

Sans compter qu'une fois la retraite prise, les aînés peuvent encore participer pleinement à la société. C'est du moins la position de l'A.R.E.Q., qui a choisi de souligner son 45e anniversaire en retenant le thème suivant: À la retraite, toujours dans l'action.

Collaborateur du Devoir