Heures d'affaires des commerces - La loi a peu de chances d'être changée à temps pour les Fêtes

La pression s'accentue sur le gouvernement Charest pour qu'il modifie rapidement la loi sur les heures d'affaire dans les marchés d'alimentation. En choeur, Provigo, Metro et Sobeys ont fait part hier de leur déception face à l'inertie du ministre responsable de la loi qui «ne semble pas vouloir agir avant les fêtes». Et ce, disent-ils, en dépit d'une «réalité sociale incontournable» qui appelle une refonte immédiate de cette loi jugée désuète par une large majorité de consommateurs.

Pour les chaînes d'alimentation, le ministre du Développement économique Raymond Bachand «laisse en plan des centaines de milliers de consommateurs québécois qui n'en peuvent plus d'être confrontés à une loi désuète qui leur impose un service de mauvaise qualité», ont-ils indiqué hier par voie de communiqué. Cette loi contient en effet une «exigence surannée» — le nombre d'employés est limité à quatre les samedis, dimanches et jours fériés après 17 heures — qui induit files d'attente et frustration dans les commerces.

En campagne depuis cet été, les distributeurs s'attendaient à ce que Québec dépose un projet pour modifier la loi sur les heures d'affaires avant aujourd'hui. Et ce, afin de permettre, comme le prévoient les procédures de l'Assemblée nationale, une mise à jour de la législation avant le départ des députés pour les vacances de Noël.

M. Bachand n'ayant fait aucune annonce en ce sens au cours des 48 dernières heures, la coalition craint désormais que le dépoussiérage de la loi, adoptée en 1992, soit repoussé au printemps prochain.

Les jeux ne sont pas totalement faits, indique-t-on toutefois au cabinet du ministre. Un projet de loi peut encore être déposé avant le 22 décembre, mais avec le consentement de l'opposition officielle et à condition qu'un consensus intervienne entre toutes les parties touchées par cette refonte, a rappelé hier Damir Croteau, le porte-parole du ministre. Or, c'est loin d'être le cas.

En effet, si les syndicats d'employés sont prêts à lâcher du lest sur la restriction des quatre employés, en échange d'une fermeture complète des commerces à 21 heures tous les soirs et lors de sept jours fériés, la coalition propose plutôt une fermeture à 22 heures et lors de quatre jours fériées. Provigo et consorts ne veulent toutefois pas céder sur cette heure de différence, au motif que 250 000 personnes fréquentent leurs commerces à ce moment tardif de la journée.

«Il n'y a pas d'entente pour le moment», a commenté hier Daniel Matte, qui a orchestré la campagne des trois distributeurs, «et nous ne voyons pas de possibilité de rapprochement dans un avenir proche.»

En septembre dernier, un sondage commandé par la coalition à Léger Marketing a révélé qu'un consommateur sur deux est en faveur d'une révision de la loi. Les deux tiers des personnes contraintes à fréquenter les épiceries après 17 heures les fins de semaine sont du même avis.