Attentats du 11 septembre - Un ancien chef religieux de Montréal aurait recruté deux des pilotes kamikazes

Un ancien chef religieux d'une mosquée montréalaise, Mohammed Ould Slahi, aurait recruté deux des pilotes impliqués dans les attentats du 11 septembre, a révélé lundi le magazine allemand Der Spiegel. L'homme, qui séjournait auparavant en Allemagne, avait fait l'objet d'une enquête de la part des agents du Service canadien du renseignement de sécurité après son arrivée à Montréal en 1999, mais, faute de preuves, il avait été relâché.

Selon le magazine allemand, un terroriste membre de l'organisation al-Qaïda, capturé récemment au Pakistan, aurait affirmé que M. Slahi avait été responsable du recrutement de Marwan al-Shehhi et de Ziad Jarrah, des pilotes impliqués dans l'attentat du 11 septembre. Le premier avait pris les commandes de l'appareil de la United Airlines qui s'est écrasé sur la tour sud du World Trade Center, alors que le second pilotait l'avion qui s'est écrasé en Pennsylvanie. M. Slahi aurait encouragé les deux hommes, qui poursuivaient alors des études en Allemagne, à participer aux camps d'entraînement de l'organisation d'Oussama ben Laden en Afghanistan.

Ces informations ont été révélées par un responsable de l'organisation al-Qaïda, Ramzi ben al-Shaiba, actuellement détenu à la base militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba.

Les autorités canadiennes croient que Slahi, arrivé à Montréal en 1999, avait reçu pour mandat de remettre de l'argent à Ahmed Ressam, un terroriste algérien de Montréal condamné pour complot lors d'une tentative d'attentat à l'aéroport de Los Angeles. À l'arrestation de celui-ci, Slahi aurait été interrogé par des agents du FBI et du Service canadien du renseignement de sécurité, mais aucune accusation n'avait été portée contre lui. Il a ensuite quitté le pays pour se rendre au Sénégal où il a de nouveau été arrêté puis relâché.

Mohammed Ould Slahi serait présentement détenu à Guantanamo Bay, tout comme 600 autres membres présumés du réseau al-Qaïda. Ni le FBI ni le gouvernement fédéral canadien n'ont voulu commenter ces informations.