Mine de niobium à Oka - Des impacts mineurs, conclut le BAPE

L'implantation d'une mine de niobium à Oka continue d'inquiéter les citoyens, mais le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui rendait public son rapport hier, considère que l'exploitation de la mine de Niocan aura peu d'impacts sur l'environnement et la santé publique. Il émet toutefois certaines réserves, estimant qu'il faudra exiger des analyses plus poussées avant d'accepter le projet.

À la demande du ministre de l'Environnement, André Boisclair, le BAPE devait examiner les effets potentiels sur l'environnement de la radioactiactivité engendrée par un mine qui prévoit faire l'extraction du niobium, un minerai utilisé dans la production d'alliages à haute résistance.

L'activité minière provoquera des rejets de radioéléments dans l'environnement aquatique et émettra des particules radioactives dans l'atmosphère, reconnaît le BAPE, mais «cette contribution serait néanmoins négligeable au regard de la radioactivité naturelle», estime la commission. Quant au radon, dont on a observé de fortes concentrations dans les résidences du secteur, «il est improbable qu'il y ait une augmentation mesurable de l'infiltration du radon à l'intérieur des habitations situées dans le voisinage en raison des dynamitages et des divers travaux de la mine», croit-on.

La commission ajoute un bémol à ses conclusions, jugeant insuffisantes certaines données qui lui ont été fournies, dont celles concernant la teneur en uranium des eaux de surface. «Le ministère de l'Environnement aurait avantage à s'assurer que cette question sera documentée dans la perspective d'un suivi», indique-t-on dans le rapport.

André Chaput, porte-parole du comité de citoyens d'Oka opposés à l'implantation de la mine, se dit satisfait du rapport dans la mesure où le BAPE a relevé des «zones grises» qui devront faire l'objet d'études supplémentaires, notamment en ce qui a trait à l'eau potable. À long terme toutefois, les incertitudes persistent. «Est-ce qu'on peut exploiter une mine pendant vingt ans sans qu'il y ait de dommages à l'environnement?», se demande-t-il. La création d'un comité de vigilance, comme le recommande le BAPE, est loin de le rassurer car cette idée laisse entendre que des problèmes sont envisageables.

Selon Richard Faucher, président et chef de direction de Niocan, les conclusions du BAPE confirment celles des experts indépendants et gouvernementaux qui se sont penchés sur le projet depuis le début. Quant aux données supplémentaires réclamées, il indique avoir déjà répondu à plusieurs exigences. «Depuis un an, le ministère de l'Environnement nous demande de fournir plus de détails sur certains éléments et nous l'avons fait au fur et à mesure qu'il nous le demandait», explique-t-il.

Le ministre de l'Environnement a d'ailleurs adressé à la compagnie une liste de conditions à remplir, incluant la création d'un programme de suivi des effluents en tenant compte de l'uranium rejeté dans les cours d'eau et l'installation d'équipement de dépoussiérage. Le ministre a indiqué hier qu'il accorderait le certificat d'autorisation quand il aura obtenu «la certitude que la protection de l'environnement et la santé publique seront assurées.» Une décision du Tribunal administratif du Québec concernant la mine devrait par ailleurs être rendue à la fin du mois de novembre.