Koweit - Les meurtriers d'un Canadien courent encore

Koweït — La Cour d'appel du Koweït a renversé un jugement de culpabilité rendu contre un Philippin accusé du meurtre d'un Canadien. La veuve de l'homme, qui était accusée de faux témoignage dans cette affaire, a également été acquittée, tout comme deux autres Philippins reconnus coupables de participation au meurtre.

Luc Éthier, 36 ans, avait été abattu en pleine rue le 10 novembre 2001.

«Justice a été rendue, a déclaré l'un des avocats de la défense, Abdul-Majid Khraibet. Maintenant, les autorités vont pouvoir rechercher le véritable assassin.»

Teddy Tomaro avait originellement été condamné à la prison à vie pour le meurtre de M. Éthier. En cour, il avait été établi qu'Éthier et son épouse philippine, Mary-Jane Bitos, marchaient dans une rue de Fahaheel, au sud de la ville de Koweït quand ils ont été attaqués. Mme Bitos fut blessée gravement dans l'attentat.

Drôle d'histoire

Le meurtre d'Éthier avait d'abord été mis sur le compte d'un attentat commis par des islamistes extrémistes en réponse aux attaques dirigées par les Américains en Afghanistan. Mais la police devait finalement conclure que Mme Bitos et cinq autres Philippins avaient tué M. Éthier pour mettre la main sur l'argent de son assurance-vie.

Tomaro et Bitos plaidèrent non coupable à l'accusation, affirmant que leurs aveux précédents avaient été faits sous pression. Mme Bitos fut acquittée de meurtre, mais reconnue coupable de faux témoignage pour avoir impliqué un musulman fondamentaliste koweïtien, Majid al-Mutairi, dans l'attaque, ce qui lui avait valu une sentence de trois ans de prison.

La Cour d'appel n'a donné aucune explication sur les acquittements. Il appert cependant qu'un ami d'Éthier aurait convaincu la cour que Mme Bitos n'était pas la bénéficiaire de l'assurance-vie de son mari. La défense avait également argué en cour que l'arme du crime n'avait jamais été retrouvée.

«Le gouvernement philippin, son ambassade et la communauté sont très satisfaits du jugement, a déclaré un responsable de la mission diplomatique philippine au Koweït, Ali Matar Garangan. Il s'agit d'une décision tout à fait correcte.»

«Nous sommes satisfaits de voir que justice a été rendue», a déclaré pour sa part George Sanderson, un représentant de l'ambassade du Canada.

M. Éthier travaillait comme mécanicien aéronautique à la base aérienne d'Ahmed Al Jaber