Sondage Léger Marketing - Les Québécois seraient plus sceptiques que les Canadiens

À l'approche de la fête des sorcières et squelettes, on apprend que trois Canadiens sur 10 ont déjà consulté une cartomancienne, un voyant, un médium.

Un sondage Léger Marketing, dont les résultats ont été communiqués à la Presse Canadienne, lève en effet le voile sur une certaine croyance dans le spiritisme, mais beaucoup plus marquée chez les Canadiens que chez les Québécois. Le sondage indique en effet que 40 % des Canadiens croient que des personnes ont des dispositions particulières pour prédire l'avenir, alors que 54 % n'y croient pas.

À l'Association des sceptiques du Québec, le relationniste Michel Bellemare, biologiste médical, rappelle en entrevue que «des prédictions, tout le monde en fait et tout le monde les réussit probablement avec le même taux de réussite». Des prédictions, «vous en faites quand vous prenez un parapluie le matin avant de partir; vous en faites quand vous achetez des actions de Nortel; vous en faites un peu n'importe quand», conclut-il.

Au Québec, seulement 28 % des répondants croient que des personnes ont des dispositions particulières pour prédire l'avenir, alors que 70 % n'y croient carrément pas. Le Québec est la seule province ou région au pays à compter autant de sceptiques en cette matière.

«C'est une donnée qui me surprend, parce qu'au Québec, comme on est latins, [j'aurais cru qu']on aurait peut-être été moins rationnel. J'aurais pensé le contraire. C'est surprenant», commente M. Bellemare.

Fait à noter, les femmes croient davantage en ce don de prédire l'avenir, soit 46 % des femmes et 33 % des hommes.

La croyance des Canadiens dans le spiritisme va même jusqu'à la pratique, puisque 30 % des citoyens ont consulté au moins une fois un astrologue, un médium, une cartomancienne ou un voyant. Là encore, les femmes ont davantage consulté ces praticiens des sciences occultes que les hommes, soit 40 % contre 20 %.

«L'ésotérisme a remplacé le catholicisme», avance M. Bellemare pour expliquer ce phénomène. «Ceux qui allaient consulter un prêtre à tout bout de champ [auparavant] pour diriger leur vie vont maintenant consulter l'astrologue», suppose-t-il.

Le sondage a été réalisé auprès de 1501 Canadiens, du 3 au 6 octobre dernier. Il comporte une marge d'erreur de 2,5 %, 19 fois sur 20.