Mise à jour des finances du gouvernement fédéral - Manley ferait preuve de prudence

Ottawa — Le ministre des Finances John Manley peut compter sur un portefeuille plus garni que prévu, mais il lancera quand même un appel à la prudence à l'occasion de la mise à jour économique et financière annuelle du gouvernement du Canada, affirment des sources anonymes.

Même si les nouvelles s'annoncent bonnes, M. Manley, qui livrera sa première mise à jour mercredi, à Halifax, demandera aux ministères fédéraux de réduire leurs dépenses.

Son rapport sur l'état de l'économie canadienne et des finances fédérales révélera que la situation est beaucoup plus favorable que ce que M. Manley, ou toute autre personne, aurait pu envisager il y a à peine quelques mois. L'économie connaîtra une croissance d'environ 3,4 % cette année et l'an prochain, prédira vraisemblablement M. Manley, faisant écho au consensus qui se dégage chez les économistes, du secteur public autant que privé.

Certaines sources disent que M. Manley mettra aussi l'accent sur la performance supérieure du Canada par rapport à celle des États-Unis; 427 000 nouveaux emplois ont été créés à ce jour, et le Canada connaît la meilleure croissance économique des pays du G7. Aux États-Unis, la brève récession, plus tôt cette année, a plutôt fait disparaître des emplois.

M. Manley fera aussi ressortir que la robuste croissance canadienne a contribué à engendrer un surplus de 8,9 milliards pour l'année financière 2001-2002, ce qui pourrait signifier un autre surplus allant jusqu'à cinq milliards pour l'année en cours, disent des spécialistes des prévisions économiques. Il y a à peine un an, on craignait plutôt que le Canada ne sombre dans la récession, et que cela ne signale le retour au déficit.

Malgré ce revirement remarquable, M. Manley devrait quand même privilégier la prudence, dans un contexte mondial marqué par l'incertitude, et tenter de prévenir certaines demandes d'augmentation de dépenses. Il profitera aussi de son discours devant le comité multipartite des Finances pour réitérer les priorités libérales — dépenses en santé et en environnement, combinées à des baisses d'impôt et au maintien de l'équilibre budgétaire.

Après avoir répété qu'il n'avait pas l'intention de hausser les impôts, même pour financer un secteur prioritaire comme celui de la santé, M. Manley pourrait décider de dégager des liquidités en sabrant dans d'autres dépenses. Selon certaines sources, M. Manley pense que les ministères doivent réviser leurs priorités et réorienter leurs dépenses là où les besoins sont les plus urgents.