Expérience dans une école en Gaspésie - Se retrouver entre gars pour éviter de décrocher

Rivière-au-Renard - En Gaspésie, l'école primaire Aux Quatre-Vents de Rivière-au-Renard a décidé de mettre en avant cette année un projet novateur afin de contrer le décrochage scolaire des garçons.

Un groupe de troisième année et un autre, multiprogrammes, de cinquième et sixième, tous deux composés exclusivement de garçons, ont été formés. Ces élèves sont amenés à expérimenter des tâches spécialement conçues pour favoriser leur réussite.

Plusieurs moyens seront mis en place pendant l'année scolaire en cours, dont des rencontres avec les parents, un programme visant à favoriser l'éducation physique et des projets en sciences et en technologies.

Sur le territoire de la Commission scolaire des Chic-Chocs (MRC Côte-de-Gaspé), le taux de décrochage scolaire est de l'ordre de 36 %, et chez les garçons, il atteint parfois les 50 %.

Le directeur de l'école Aux Quatre-Vents, Bernard Joncas, tient à souligner que «la formation de groupes de garçons n'est pas pour autant synonyme d'un isolement des filles. Beaucoup d'activités socialisantes organisées par les équipes-cycles permettent l'atteinte d'un sain équilibre à ce chapitre. Le souci de réussite chez les garçons correspond à une réalité du monde scolaire», a-t-il expliqué en conférence de presse cette semaine.

Pour sa part, Yves Archambault, un chargé de cours de l'Université de Montréal impliqué dans le projet, considère que la non-réussite des garçons est intimement liée à leur comportement et aux difficultés d'apprentissage qui leur sont propres.

À son avis, il ne faut pas aborder la réalité des garçons dans une perspective voulant qu'on enlève aux filles ce que l'on donne aux garçons. «La réalité des garçons est souvent niée, déplore-t-il. Le discours masculiniste n'est pas le discours dominant. Quand je donne des conférences par rapport à la réalité des garçons, il faut quasiment que je m'en excuse, comme si, en mettant l'accent sur les garçons, je volais aux préoccupations des filles.»

De son côté, la directrice des services éducatifs de l'école, Danielle Tardif, dit que la non-réussite des garçons entraîne des problèmes d'ordre social, économique et relationnel. «Je crois que nous devons porter une attention spéciale à ce problème» et donc «agir autrement».

Une durée minimale de deux ans est prévue pour les classes expérimentales déjà formées.