Recommandations en matière de sécurité routière - Des photoradars sur les routes du Québec

L’utilisation du téléphone cellulaire au volant est une grande source de distraction, même s’il s’agit d’un appareil à mains libres.
Photo: Agence Reuters L’utilisation du téléphone cellulaire au volant est une grande source de distraction, même s’il s’agit d’un appareil à mains libres.

La Table québécoise de la sécurité routière devrait accoucher sous peu d'un ensemble de recommandations musclées afin de trouver des solutions pour réduire le bilan routier. Ces mesures incluraient l'installation de photoradars, l'imposition de restrictions à l'utilisation du téléphone cellulaire, voire son interdiction, mais aussi l'aménagement de carrefours giratoires.

Sans confirmer que toutes ces pistes de solution seront retenues dans le document commandé par le ministre des Transports, Michel Després, le président de la Table, Jean-Marie De Koninck, reconnaît néanmoins que ces éléments figurent au menu et que le travail est bien avancé. Il explique aussi que le comité produira un «bloc de recommandations qui touchent à peu près tous les aspects de la sécurité routière». Et ces idées devraient bel et bien figurer dans la nouvelle politique de la sécurité routière promise par Québec, selon l'attachée de presse du ministre des Transports, Josée Delisle.

Le cas du téléphone cellulaire est le plus complexe à traiter, admet M. De Koninck. «C'est clair que le cellulaire est une source de distraction importante, mais il s'agit d'un phénomène nouveau qui n'est pas encore très documenté, contrairement à l'alcool au volant ou à la vitesse excessive, souligne-t-il. Et même si on légifère, comment est-ce qu'on va faire pour contrôler cela et outiller les policiers pour faire appliquer la loi?» Même chose pour l'apparition d'un lecteur de DVD dans les véhicules, un phénomène dont l'incidence sur la sécurité est encore difficile à évaluer.

Selon M. De Koninck, il est néanmoins plus qu'impératif de mettre en place des mesures de grande envergure puisque, après avoir connu une diminution substantielle du nombre de décès sur les routes au cours des dernières décennies, le Québec a vu son bilan routier s'alourdir depuis cinq ans. Ce nombre est en effet passé de 2200 décès sur les routes en 1973 à 624 en 2001. Toutefois, il s'est établi à 705 l'année dernière.

Les photoradars pourraient aussi améliorer la situation, selon le président de la Table. Il cite en exemples la France et la Suède, où, depuis leur installation, les autorités ont noté une diminution de

20 % à 30 % du nombre des décès sur les routes. Il déplore toutefois que la vitesse soit banalisée au Québec, soulignant qu'il n'y a «pas de pression sociale contre la vitesse et, dans la perception des gens, elle n'est pas nécessairement un danger».

Et il est difficile de changer les mentalités. «Le budget pour la publicité des compagnies automobiles au Québec, qui vantent la vitesse et la puissance, ça représente dix fois le budget de la SAAQ pour la sensibilisation», illustre d'ailleurs M. De Koninck. «L'important est de ne pas voir la hausse du bilan routier, parce que d'autres pays occidentaux ont pu le diminuer malgré l'accroissement du parc automobile», insiste-t-il.

Au sujet de l'aménagement de carrefours giratoires, le président de la Table fait valoir que ce système permet de minimiser les risques d'impact violent aux intersections, tout en ne ralentissant pas la circulation et en la rendant plus fluide. Par ailleurs, on recommanderait l'asphaltage des accotements, une forte augmentation du nombre de bandes vibrantes et bordures des autoroutes ainsi qu'une panoplie d'autres mesures techniques du genre. Il n'y a pas de date prévue pour le dépôt du document.