Projet touristique de 230 millions dans Charlevoix - Les négociations progressent au Centre de ski Le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François

Québec — La dernière condition à la réalisation du projet récréotouristique de 230 millions de dollars dans Charlevoix est en voie de se réaliser grâce au progrès des négociations entre les propriétaires du centre de ski Le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François et leurs employés.

«Idéalement, on espère que les négociations pourront aboutir avant la fin de l'année», a expliqué la porte-parole du groupe, Diane Laberge. «On voudrait pouvoir s'entendre en décembre pour pouvoir commencer les travaux à la fin du printemps 2007.» Du côté syndical, on affiche aussi beaucoup d'enthousiasme: «À partir du moment où les deux parties embarquent dans le processus de bonne foi et l'esprit ouvert, tout est possible», a commenté Ann Gingras, de la CSN. Mais de là à fixer des échéances, Mme Gingras préfère s'abstenir, répétant que, justement, «tout est possible».

Les deux parties se rencontraient la semaine dernière pour déposer leurs cahiers des charges en vue du renouvellement de la convention collective, qui arrivera à échéance en décembre 2007. Cette démarche découle de l'intervention, en juillet dernier, d'un conciliateur du ministère du Travail, Jean Beauchesne, qui les a convaincues de revoir la totalité de la convention, et ce, dans des délais rapprochés.

Conditions

Le patron, l'homme d'affaires Daniel Gauthier, avait imposé une série de conditions — dont des concessions syndicales et des investissements publics considérables — avant de lancer son projet de complexe touristique écolo autour du centre de ski. M. Gauthier, qui dirigeait le Cirque du Soleil avant d'acquérir la station de ski, se dit prêt à réunir 170 millions de dollars en capitaux privés sur les 230 millions que coûtera son projet.

Après de longues tergiversations, les deux ordres de gouvernement avaient accepté à la mi-juillet d'investir les 60 millions manquants. Le groupe Le Massif avait par la suite laissé entendre que le projet ne pourrait pas être réalisé à défaut d'une entente avec le syndicat. «Une problématique demeure encore omniprésente, soit l'incapacité de s'entendre avec l'exécutif syndical représentant les employés syndiqués de la station de ski Le Massif», avait alors déclaré M. Gauthier.

Les membres du syndicat ont en outre dû tenir compte de l'intérêt suscité par le projet dans la région de Charlevoix, a convenu Mme Gingras. «Les gens de l'exécutif ont décidé d'avancer leur date de négociation parce que, de toute façon, la négociation arrivait à échéance l'année prochaine. En même temps, ce sont tous des citoyens de Charlevoix, et ils sont conscients de l'importance de ce projet-là en matière d'emplois et pour l'économie.»

Par ailleurs, on apprenait, début septembre, que Daniel Gauthier laissait son poste de p.-d.g. du groupe Le Massif au profit d'un de ses lieutenants, Claude Choquette.

«M. Gauthier se retire un peu des opérations. [...] Ça lui permet de se consacrer à autre chose, la vision du projet», a précisé hier Mme Laberge, assurant que M. Gauthier demeure le maître d'oeuvre du projet. «Il va notamment entamer une démarche d'analyse des tendances de la compétition et peaufiner davantage la programmation.»

Collaboratrice du Devoir