Les prisonniers ne feront plus de télémarketing

Ottawa - Services correctionnels Canada ont mis un terme aux activités de télémarketing faites par leurs détenus la semaine dernière parce qu'une vérification comptable a permis de découvrir que les prisonniers ont eu accès à des renseignements personnels sur la population, contrairement aux assurances données par le ministre.

Les prisonniers qui ont mené des activités de sollicitation téléphonique depuis la prison Westmoreland, au Nouveau-Brunswick, auraient en effet été en possession des noms des personnes jointes. Mais on se fait rassurant. «D'aucune façon a-t-on été capables de déterminer qu'il y avait eu des actions inappropriées ou illégales qui avaient été entreprises suite aux opérations du centre. On a vraiment agi sur une base "proactive" avant que quelque chose n'arrive», a indiqué le porte-parole Guy Campeau.

L'opposition avait demandé il y a deux semaines pourquoi les détenus de trois pénitenciers canadiens étaient affectés, dans le cadre du programme de réinsertion à l'emploi, à du télémarketing. Depuis plus d'un an, ce sont 350 prisonniers qui ont ainsi mené des enquêtes sur les habitudes de consommation de la population depuis les établissements de Pittsburg, Fenbrooke (Ontario) et Westmoreland.

Renseignements personnels

Le Solliciteur général d'alors, Lawrence MacAulay, avait soutenu le 10 octobre au Parlement que les détenus «n'ont aucunement accès à des renseignements personnels». M. MacAulay a démissionné, et hier, son successeur Wayne Easter a déclaré, après avoir dit le contraire quelques minutes plus tôt, que «toutes ces opérations ont été suspendues».

Aux Services correctionnels Canada, on a expliqué hier que la firme KPMG a mené une vérification comptable qui a permis de déterminer que les détenus à Westmoreland ont eu accès aux noms des personnes jointes dans ces sondages. Le programme a été immédiatement suspendu le 15 octobre. Trois jours plus tard, la même firme mettait au jour des problèmes dans l'encadrement du programme dans les deux autres institutions, menant à sa suspension. Depuis, une enquête est en cours afin de déterminer si le programme doit être remis en vigueur ou non.