Les gens obèses doivent payer le gros prix pour voyager en avion

Les personnes obèses ont essuyé un important revers hier, avec le rejet, par l'Office des transports du Canada, de la plainte déposée par une Albertaine qui avait dû payer pour un siège supplémentaire lors d'un voyage effectué sur les ailes d'Air Canada il y a cinq ans. Deux des trois membres de l'Office appelés à rendre un verdict ont estimé que son obésité ne constituait pas un handicap.

Forcée de débourser l'équivalent d'une fois et demie le prix d'un billet d'avion à cause de son excès de poids, Linda McKay-Panos avait décidé de porter plainte contre Air Canada auprès de l'Office des transports. En décembre dernier, le tribunal administratif a convenu que, chez certains individus, l'obésité pouvait être une déficience, mais, hier, il a statué que ce n'était pas le cas de Mme McKay-Panos.

«Être incapable de s'asseoir confortablement dans un siège n'est pas une preuve suffisante de l'existence d'une déficience puisque plusieurs personnes sont inconfortables dans le siège», ont conclu deux des trois représentants de l'Office qui devaient trancher. Ce n'est pas l'avis du troisième membre du tribunal, qui croit plutôt que les sièges d'avion font partie intégrante du réseau de transport fédéral.

La nouvelle a fait bondir les représentants d'organismes de défense des droits des personnes handicapées, pour qui il ne fait pas de doute que l'obésité est un handicap. Les personnes obèses sont de plus en plus nombreuses, fait valoir André Leclerc, directeur général de Kéroul. Avec cette décision, les compagnies aériennes pourront continuer d'appliquer leur politique de rentabilité au détriment du confort de leurs clients, indique-t-il.

«Si ce n'est pas de la discrimination, je ne sais pas ce que c'est», lance André Beauchamp, de l'Aide aux personnes obèses handicapées du Québec. Les voyageurs avec un surplus de poids sont confrontés à de nombreux autres obstacles quand ils prennent l'avion, signale-t-il, évoquant l'exiguïté des toilettes et les ceintures de sécurité trop courtes pour leur taille.

Mme McKay-Panos dispose d'un mois pour porter la décision en appel, mais le verdict rendu hier par l'Office augure mal pour les deux plaintes semblables qui doivent être examinées sous peu par le tribunal.