C'est tolérance zéro depuis Dawson

La tragédie de Dawson a-t-elle entraîné une soudaine flambée de violence dans nos écoles? Les incidents se multiplient depuis une semaine dans les établissements et aux quatre coins du Québec, mais cela ne pourrait être que le fruit d'une vigilance extrême.

Depuis la tragédie de Dawson, pas une journée ne s'est passée sans qu'un incident liant école et menaces n'ait été répertorié sur le territoire québécois. Hier, une juge a ordonné l'évaluation, par la Direction de la protection de la jeunesse, du jeune de 15 ans qui aurait proféré des menaces à l'endroit de ses collègues de l'école Westwood High School de Hudson. Épidémie de violence ou vigilance accrue?

«C'est vrai que plusieurs incidents ont été rapportés dans les écoles, mais c'est plutôt rassurant de savoir qu'on les détecte grâce à une politique de tolérance zéro», a indiqué hier Marie-Claude Lavigne, l'attachée de presse du ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier. «Les parents, les directions d'école, les profs, tout le monde est beaucoup plus alerte, et c'est sans doute ce qui explique qu'on entend parler de tous ces cas. Ça ne nous apparaît pas être une flambée de violence, mais les effets d'une politique de tolérance zéro.»

Depuis la fin tragique d'Anastasia De Sousa, tombée sous les balles de Kimveer Gill au Collège Dawson la semaine dernière, plusieurs écoles de diverses régions du Québec ont connu des épisodes ayant mené à une intervention policière, voire à l'arrestation d'un ou plusieurs suspects.

À Hudson, en Montérégie, un adolescent de 15 ans a été arrêté lundi pour avoir présumément annoncé dans Internet qu'il s'en prendrait lui aussi à des élèves de son école secondaire, Westwood High School — Senior Campus. Comme Kimveer Gill, l'adolescent s'affichait sur le site Vampirefreaks.com. Sous le pseudonyme «punchblades», il y détaillait ses intentions, promettant de faire plus que Gill à Dawson, ce qui a immédiatement mené à son arrestation au domicile familial, où on a trouvé des armes.

Dans une lettre diffusée dans le site Internet de l'école dès lundi, le directeur de l'école, Michael Miller, a expliqué aux parents le déroulement des événements: une information suspecte acheminée à la direction dès dimanche, puis immédiatement réexpédiée à la Sûreté du Québec. L'arrestation du suspect le jour même et la promesse d'une comparution en cour le lendemain, qui finalement n'a eu lieu qu'hier matin, les parents du jeune homme ne s'étant pas présentés en cour la première fois.

L'audience pour la remise en liberté de l'adolescent s'est poursuivie hier au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. Devant les parents du jeune homme — qui ont expliqué ne pas s'être présentés la première fois car ils en avaient été incapables — la juge a demandé que la Direction de la protection de la jeunesse effectue une évaluation psychologique du jeune homme. Elle s'est également interrogée sur l'aptitude des parents à veiller à ce que l'adolescent respecte des conditions qui pourraient lui être imposées.

Cette analyse permettra au magistrat de décider, mercredi prochain, si elle renvoie le garçon à la garde de sa famille. D'ici là, il demeurera en détention au centre jeunesse.

À Donnaconna, à l'école Le Relais, un élève de 15 ans a été arrêté pour avoir présumément proféré des menaces de mort à l'endroit du personnel et des élèves de son établissement. De même, deux adolescents de 15 et 16 ans ont été interrogés pour des menaces du même genre, proférées cette fois autour de l'école Quebec High School, à Québec.

Près de là, à Beauport, l'école secondaire Samuel-de-Champlain a aussi été liée au travail des policiers, puisque la déclaration inquiétante d'un élève de 17 ans a fait l'objet d'une enquête, deux jours après la fusillade de Dawson. Dans la grande région montréalaise, un élève de 15 ans de l'école Centennial de Greenfield Park et un autre de 12 ans de l'école Heritage Regional High School ont aussi proféré des menaces, immédiatement transférées à l'attention des policiers.

Mardi, un jeune homme de 19 ans de Shawinigan s'est présenté en cour pour avoir présumément menacé de mort des collègues de classe de l'école secondaire Val-Mauricie.

Le Devoir

Avec la Presse canadienne