Les délégations à l'étranger profitent au Québec, dit Landry

Londres — Le premier ministre Bernard Landry a clos sa courte visite à Londres hier en rappelant que, quoi qu'on en dise à Ottawa, le réseau de délégations qu'entretient le Québec à l'étranger lui rapporte plus qu'il ne lui coûte.

«À la lumière de certaines déclarations, on voit bien que ces délégations sont éminemment utiles et, ne serait-ce qu'en termes de rapport qualité-prix, elles nous ont rapporté beaucoup plus qu'elles nous ont coûté.»

En invitant le Québec à fermer ses délégations, Jean Chrétien, John Manley et Stéphane Dion ont dit des «sottises», a dit le premier ministre. Pour des raisons de rayonnement, Bernard Landry croit qu'il faudrait d'ailleurs étendre ce réseau. Mais il n'en est pas question pour l'instant, «pour des raisons de déséquilibre fiscal».

Cette visite a fourni l'occasion d'organiser un séminaire rassemblant une dizaine de grandes entreprises québécoises et quinze grandes entreprises du Royaume-Uni. Côté québécois, Bombardier, Alcan, la Banque nationale et Cascades étaient du voyage. Côté britannique, on retrouvait des noms aussi connus que Alstom UK, Aviva, Lazard, The Lloyds of London et Rolls Royce.

Le premier ministre a aussi rencontré individuellement cinq chefs d'entreprise dont il préfère ne pas dévoiler les noms, plusieurs d'entre eux ayant des projets d'investissements au Québec qui n'ont pas encore été annoncés.

Le premier ministre revient au pays convaincu que «les Britanniques aiment bien le contexte économique du Québec. Ils s'y sentent à l'aise et ont investi puissamment au cours des années». Il a souligné que les entrepreneurs québécois connaissent aussi bien la culture économique française et américaine que britannique. La Grande-Bretagne est généralement, sauf exception cette année, le premier partenaire économique du Québec après les États-Unis.

«C'est pas mal plus facile de parler de l'économie du Québec aujourd'hui que quand j'ai commencé à faire de la politique.» Tel est le message que Bernard Landry a livré dans ses entrevues à la presse britannique, soulignant que selon certaines études, le Québec s'est enrichi plus vite que l'Ontario ces dernières années.

«Quand j'étais jeune, on rêvait de la Suède. Maintenant, je vois régulièrement des missions suédoises venir au Québec.»

Diversité culturelle

Dans le Financial Times d'hier, le premier ministre a longuement expliqué la décision prise au neuvième sommet de la Francophonie de revendiquer une convention internationale sur la diversité culturelle. Le Québec est justement «un bon laboratoire de la diversité culturelle», a-t-il souligné.

Bernard Landry a profité de sa visite pour décorer de l'Ordre du Québec Michael Morris, un producteur qui a contribué depuis plus de dix ans à introduire en Grande-Bretagne des artistes aussi importants que Robert Lepage, Édouard Lock et Marie Chouinard. Morris avait découvert Robert Lepage à Montréal avec son spectacle Vinci.

«Ce qu'on honore ici, c'est la vision unique des artistes québécois», a dit Morris. «[...] J'y ai trouvé une énergie qui n'existait pas à cette époque en Grande-Bretagne.» Michael Morris a travaillé avec des artistes aussi célèbres que Peter Gabriel, David Bowie, Brian Eno et Gavin Bryar. Il les a parfois mis en rapport avec des artistes québécois. Le spectacle de Robert Lepage, La Casa Azul, jouait d'ailleurs hier soir à Londres.