Mario Dumont aux anglophones - Question nationale, langue et fusions municipales ne font pas partie du vocabulaire adéquiste

Québec — L'Action démocratique du Québec n'entend pas rouvrir la loi 101 pour séduire les membres de la communauté anglophone et répondre à leurs revendications. À cette communauté, le chef Mario Dumont propose plutôt de mettre fin aux «questions déchirantes du passé», en particulier celles d'ordre linguistique, constitutionnel ou encore au sujet des fusions.

«Pour nous, la loi 101, c'est exactement le genre de chicane linguistique qu'on ne veut pas rouvrir», a lancé hier M. Dumont, lors d'un dîner en compagnie d'une cinquantaine de membres du Quebec Community Groups Network à Québec. Interpellé par des membres de ce réseau regroupant 20 organisations anglophones, M. Dumont a expliqué que les coûts de la réouverture du débat linguistique seraient plus grands que les bénéfices que le Québec pourrait en tirer.

«Rouvrir la loi 101 n'est définitivement pas une priorité pour nous. Nous pensons que rien n'est parfait, mais qu'en ce moment, il y a un équilibre», a affirmé Mario Dumont, accueilli poliment par les anglophones présents, qui espéraient voir le chef de l'ADQ adopter une autre position sur le sujet que le Parti libéral et le Parti québécois.

«Je pense que c'était la réponse standard, a dit Brent Tyler, président d'Alliance Québec, visiblement déçu. Si on veut des entreprises qui sont moindrement compétitives sur le plan mondial, il faut envisager des changements à la loi.» M. Tyler a réclamé à Mario Dumont sa position en citant le cas d'une entreprise de haute technologie de Québec, dont 90 % des ventes se réalisent à l'étranger et qui songe maintenant à quitter la province. Celle-ci est actuellement poursuivie devant les tribunaux par l'Office de la langue française pour avoir un site Internet unilingue en anglais, ce qui contrevient à la Charte de la langue française. Refusant de commenter ce cas précis, M. Dumont a toutefois souligné que l'application de la loi 101 «devrait être faite de façon plus intelligente», afin d'éviter «les excès de zèle».

Avec l'ADQ, a lancé M. Dumont lors de son allocution, fini les débats linguistiques, fini les querelles constitutionnelles. «Ce n'est pas dans nos plans de mettre nos énergies et nos priorités dans des questions qui nous divisent», a -t-il lancé à la communauté anglophone. «Beaucoup d'énergies ont été investies dans des ces questions déchirantes dans le passé. Nous voulons maintenant lancer un message aux Québécois qui sont fatigués de ces questions: mettons nos énergies ensemble», a-t-il indiqué.

C'est pourquoi il a réitéré son message lancé à la fin septembre devant le Canadian Club de Toronto à l'effet qu'il ne voulait pas entraîner de chicanes constitutionnelles. Mario Dumont a également indiqué qu'il fallait «aller de l'avant» dans le dossier des fusions, rejetant du coup l'option de la défusion défendue par des anglophones présents.

Néanmoins, les idées de l'ADQ sont loin de déplaire à la communauté anglophone. Que ce soient les bons d'éducation, le taux d'imposition unique ou la plus grande place du privé en santé, Brent Tyler a affirmé au Devoir qu'il «préfère la plateforme adéquiste à celle des autres partis». «Je pense qu'il a raison quand il dit que les Québécois sont fatigués d'entendre parler de la question nationale, a-t-il ajouté. Je pense que la plateforme de l'ADQ peut être très intéressante pour certains anglophones.»