Polémique au sujet d'une coopérative d'habitation à Rivière-des-Prairies - Les opposants suggèrent sept solutions de rechange

Les citoyens de Rivière-des-Prairies opposés à la construction d'une coopérative au coin de leur rue ont proposé lundi soir, lors d'une rencontre avec le président du conseil d'arrondissement, sept scénarios pour déménager la coop un peu plus loin.

«Ce n'est pas un cas de "pas dans ma cour", explique le porte-parole des citoyens, Sylvain Asselin. On propose de relocaliser la coop alentour, dans le quartier. Pour nous, ce n'est pas la coop comme telle qui fait problème, c'est l'emplacement choisi. On vit l'aboutissement d'un problème créé par la Ville de Montréal en 1990, quand elle a dézoné un secteur qui au départ devait être un parc.»

Le groupe de citoyens — ils ont été 127 à signer une pétition pour protester contre le projet de coop au coin des rues René-Chopin et Gilles-Boivin — n'aime guère être assimilé à des gens qui s'opposent sans nuance à la construction de logements sociaux.

Le problème, disent-ils, c'est le manque d'espace flagrant dans le quartier pour déneiger et stationner. Ajouter 39 logements dans le coin, c'est impensable. Et découvrir le projet au moment où les politiciens font leur pelletée de terre symbolique, avec une construction qui doit démarrer quelques jours plus tard, c'est inacceptable, fait valoir M. Asselin.

«On n'a jamais été consulté, on n'était au courant de rien. Et là, il y a des gens de la Ville qui nous disent qu'on n'a pas à se plaindre, qu'il y a des quartiers qui sont plus populeux!», s'exclame M. Asselin, premier propriétaire à s'établir sur ces nouvelles rues en 1987, dans le but précis de bénéficier d'espace et de verdure.

La rencontre de lundi soir a réuni des représentants de l'arrondissement, de la Ville de Montréal, de la Société d'habitation du Québec et trois citoyens. M. Asselin affirme avoir senti la volonté du président de l'arrondissement, Cosmo Maciocia, de régler le problème, mais parle d'un dialogue de sourds avec ses autres interlocuteurs.

«On nous dit que le projet de coop est légal. Nous, on n'a jamais prétendu qu'il était illégal. On soulève plutôt un problème d'urbanisme!», dit M. Asselin, qui affirme qu'à la limite le coin pourrait être occupé par quelques cottages, mais pas plus.

M. Maciocia avait indiqué au Devoir la semaine dernière que le dossier était effectivement délicat. Le groupe ROMEL, qui supervise le projet de coop, a toutes les autorisations pour agir et M. Maciocia a lui-même une mise en demeure de l'entrepreneur en construction sur les bras, puisque l'arrondissement n'a pas encore émis le permis de construire. Les travaux devaient débuter le 3 septembre dernier.

M. Maciocia ne veut pas, pour le moment, reparler aux médias dans ce dossier. Il doit toutefois revoir le ROMEL cette semaine.

La coop de Rivière-des-Prairies a valeur de symbole. C'est le premier projet prêt à être construit dans le cadre de l'opération montréalaise «5000 logements» mise en place par l'administration Tremblay pour contrer la crise du logement. De plus, d'autres contestations se dessinent dans d'autres arrondissements au sujet de la construction de logements sociaux.