ZLEA, Pettigrew ne craint pas l'élection de Lula au Brésil

Ottawa - Les négociations de la Zone de libre-échange des Amériques arrivent à mi-parcours, mais c'est l'élection prochaine du syndicaliste Luiz Inacio Lula da Silva à la présidence brésilienne qui suscitera la curiosité des ministres du Commerce de l'hémisphère, lors de leur rencontre à Quito, en Équateur, les 31 octobre et 1er novembre prochains. «C'est la question qui est sur toutes les lèvres», de confier une source proche des discussions.

Le ministre canadien Pierre Pettigrew ne fait pas exception mais n'affiche pas d'inquiétude. «Je suis plus optimiste que ce qu'on lit généralement sur ce thème de l'élection possible de Lula. Quand j'examine sa position sur la ZLEA, elle est extrêmement proche de celle du président Cardoso. Il est un peu plus méfiant mais pas énormément plus», a-t-il confié en entrevue hier au Devoir.

Symbole de l'insatisfaction populaire à l'égard des partis au pouvoir, celui qu'on appelle Lula au Brésil a fait campagne en dénonçant la «tyrannie des marchés». Il a obtenu un peu plus de 46 % des voix lors du premier tour de scrutin tenu le 6 octobre. Il a de bonnes chances de l'emporter lors du second tour qui aura lieu le 27 octobre.

Bien qu'il ait adouci un peu le ton en fin de campagne, une certaine incertitude persiste quant à ses politiques économiques. Or, le Brésil doit, après la rencontre de Quito, assurer la présidence des négociations aux côtés des États-Unis. Pour M. Pettigrew, cela survient à point nommé et explique sa confiance.

«Le fait que le Brésil copréside l'exercice, il pourra s'assurer que les résultats de la ZLEA reflètent les perspectives et les intérêts du Brésil. Ça va, à mon avis, élever le niveau de confort de son administration et des Brésiliens à l'endroit de cet exercice», ajoute-t-il. Il ne serait même pas surpris de voir l'équipe actuelle de négociateurs rester en poste.

Selon un fonctionnaire canadien, le Brésil souhaite améliorer son accès au marché américain. Se retirer des négociations, qui continueraient de toute façon, ne lui donnerait aucune influence contrairement à ce qui lui offre la présidence.

Le Canada espère aussi profiter de la réunion ministérielle pour accroître la transparence des négociations. M. Pettigrew en avait fait son cheval de bataille avant le Sommet des Amériques, tenu à Québec en avril 2001 et avait obtenu que les textes de négociations soient publiés en marge de chaque sommet.

Il revient à la charge en demandant cette fois une publication plus fréquente, soit au moment de chaque réunion ministérielle. Selon une source proche du dossier, on a bon espoir d'y arriver cette fois-ci mais les textes sont encore truffés de parenthèses qui servent à illustrer les points de désaccords.

La rencontre de Quito servira surtout à réitérer le mandat des négociateurs et à maintenir les pourparlers sur leurs rails. L'objectif est l'entrée en vigueur d'un accord en janvier 2005. Selon M. Pettigrew, les négociateurs ont jusqu'à présent respecté tous les échéanciers.